L'humanité n'a jamais consommé autant de cocaïne et d'héroïne qu'aujourd'hui

Environ 5,6% de la population mondiale âgée de 15 à 64 ans consomme de la drogue au moins une fois par an, s'inquiète l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

Cannabis, cocaïne, ecstasy, héroïne, kétamine, fentanyl, tramadol... l'humain n'a jamais consommé autant de drogues que ces dernières années, s'affole l'ONUDC dans un rapport basé sur des chiffres datant de 2016.

"Le nombre de personnes consommant des drogues dans le monde au moins une fois par an est resté stable en 2016 avec environ 275 millions de personnes, soit environ 5,6% de la population mondiale âgée de 15 à 64 ans", peut-on lire dans le rapport.

Certaines drogues douces, comme le cannabis, sont difficilement comparables à d'autres qui ont vraiment des effets mortels, comme le fentanyl. Mais l'organisme des Nations unies observe toutes les consommations et préconise de prendre des mesures pour éviter une croissance du nombre de morts lié à la consommation festive de stupéfiants.

Les lieux où l'on consomme le plus de cocaïne

© ONUDC

La crise des opioïdes et la coke

En tête des plus dangereux, il y a les opioïdes et la cocaïne dont la consommation n'a jamais été aussi élevée que ces dernières années. En 2016, quelques 1.410 tonnes de cocaïne ont été produites, soit 25% de plus qu'en 2015. La plus grande partie de la cocaïne provient de Colombie et une grosse partie de celle-ci finit en Europe. Mais le rapport montre que l'Afrique et l'Asie émergent comme centres de trafic et de consommation de cocaïne. Cette production menace le fragile traité de paix conclu entre les FARC, impliqués dans le trafic, et le gouvernement.

Viennent ensuite les opioïdes, ces médocs qui provoquent des sensations similaires à la consommation d'opium mais qui ne sont chimiquement pas apparentés. "La saisie mondiale d'opioïdes pharmaceutiques en 2016 était de 87 tonnes, soit environ la même quantité que l'héroïne saisie cette année-là", écrit l'ONUDC. Le plus consommé de ces opioïdes? Le tramadol, dont la consommation est concentrée principalement en Afrique de l'Ouest et du Centre, et l'Afrique du Nord. Cette consommation représentaient 87% du total mondial de tramadol en 2016. "Les pays d'Asie, qui représentaient auparavant plus de la moitié des saisies mondiales, ont déclaré seulement 7% du total en 2016."

Mais il ne faut pas oublier cet autre opioïde qui fait des ravages en Amérique du Nord, le fentanyl. Élaborée à partir de médicaments produits en Chine, cette drogue hyper rentable donne une défonce jusqu'à 50 fois plus forte que celle de l'héroïne. Mais elle est également beaucoup plus addictive et beaucoup plus dangereuse. Les États-Unis et le Canada cherchent actuellement des solutions communes pour mettre un terme à ce fléau qui a déjà fait des milliers de morts.

Quantités d'ecstasy saisies en 2016 dans le monde (en kg)

© ONUDC

10.500 tonnes d'opium

"De 2016 à 2017, la production mondiale d'opium a bondi de 65% pour atteindre 10.500 tonnes", estime l'ONUDC qui ajoute que c'est le chiffre le plus élevé depuis qu'elle a commencé à surveiller la production mondiale d'opium au début du XXIe siècle. Une croissance de la production qui a été rendu possible grâce à une "augmentation marquée de la culture du pavot à opium et une amélioration progressive des rendements en Afghanistan".

Le cannabis reste la drogue la plus appréciée en 2016, avec 192 millions de personnes l'ayant consommé au moins une fois au cours de l'année précédente. Si le nombre total de ses consommateurs continue de progresser (environ 16% en 10 ans), c'est parce qu'il suit l'augmentation de la population mondiale, souligne l'ONUDC pas vraiment inquiète sur ce point là.

"Les conclusions du rapport mondial sur les drogues montrent que les marchés de la drogue se développent, la production de cocaïne et d'opium ayant atteint des records absolus, cela présentent de multiples défis sur plusieurs fronts", a déclaré le directeur exécutif de l'ONUDC, Yury Fedotov. Les solutions préconisées par l'agence sont avant tout de développer des programmes de prévention et de traitement des consommateurs.

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