50 jours par an, ça ne suffit pas: les étudiants belges veulent travailler plus 

Les étudiants en Belgique sont de plus en plus nombreux à travailler et certains souhaitent pouvoir travailler encore plus. C'est ce qui ressort d'une enquête réalisée par Randstad.

Flemmard, l'étudiant belge? Pas du tout. Selon une enquête réalisée par l'agence d'intérim Randstad sur un panel de 1.000 répondants de 15 à 30 ans, il semblerait que de plus en plus de jeunes travaillent à côté de leurs études. Et non seulement, ils bossent mais ils aimeraient pouvoir bosser plus.

Ainsi, 78% des interrogés exercent un travail d'étudiant. Ces étudiants "déclarent travailler en moyenne 50 jours par an", écrit Randstad. "Près de deux étudiants sur trois souhaiteraient (...) voir la législation modifiée et travailler à ces conditions avantageuses encore plus que les 475 heures par an autorisées."

Avantage du statut étudiant

Depuis 2012, les jeunes encore aux études peuvent travailler 50 jours (ou 475 heures réparties) sur l'année en bénéficiant du statut étudiant, vacances et année scolaire comprises. L'avantage de ce statut? L'étudiant peut bosser quasiment sans être taxé, avec des cotisations sociales réduites et sans perdre ses allocations familiales. C'est une bonne façon de se faire de l'argent de poche et de mettre un pied dans le monde du travail.

Mais ce statut est également avantageux pour les employeurs: ces derniers doivent payer moins de taxes... tant que les 50 jours n'ont pas été dépassés. Au-delà de ce délai, l'étudiant qui continue à travailler peut perdre ses allocations et doit passer sous un autre statut beaucoup moins avantageux. Souvent pour des raisons financières, l'étudiant aimerait disposer de jours supplémentaires.

© Randstad

"Pas une bonne id "

Pour le CEO de Randstad Herman Nijns, étendre les jours disponibles est une mauvaise chose. "Augmenter encore le nombre d?heures ne serait pas une bonne idée", expliquait-il au Standaard en février. "Le cadre actuel est bon, mais il a atteint ses limites. Il n?est pas rare en effet que des entreprises sollicitent des étudiants là où ils auraient antérieurement opté pour un travailleur ordinaire. Ce sont surtout les faiblement qualifiés qui risquent de subir la concurrence des étudiants."

Mais il y a un couac. Si Randstad estime qu'étendre les 475 heures (ou les 50 jours) n'est pas une bonne idée, le prestataire de ressources humaines reconnaît toutefois que la législation actuelle pousse ces jeunes qui veulent travailler plus à se tourner vers le travail au noir. "La législation flexible envers les étudiants ne semble pas non plus constituer la solution miracle dans la lutte contre le travail au noir parmi les étudiants", écrit l'agence.

Quelle serait donc la meilleure solution? Dans un monde idéal, il faudrait que les étudiants n'aient pas besoin de travailler plus car - autre problème pointé par l'enquête - le travail nuit aux études. Emmagasiner des concepts pour obtenir un diplôme et avoir un travail rémunéré peut être une lourde charge mentale qui nuit finalement aux deux activités. Si cela est financièrement possible, il vaut donc mieux parfois ne choisir que l'un des deux.

Et toi, que penses-tu de cette législation?

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