Sous pression, Donald Trump est contraint de reculer sur la séparation des familles de migrants

Il est un symbole sur lequel même Trump et ses grands souliers ne peuvent s’asseoir: la famille. Sa volonté de pratiquer la "tolérance zéro" contre l'immigration illégale a une limite. Les images de séparation de famille ont choqué l'Amérique. Le président a dû faire marche arrière mais poursuit la guerre de communication.

Marche arrière toute: annoncée haut et fort, Trump a déjà dû faire des concessions sur sa politique contre l'immigration illégale. Il faut dire que les images de séparation de familles à la frontière mexicaine ont touché l'Amérique, jusque dans le camp républicain.

Il s'agit d'une ligne rouge pour Trump. Et pour une des premières fois, il a dû céder du terrain: les parents clandestins et leurs enfants seront désormais détenus ensemble pendant la durée des poursuites judiciaires. Depuis le mois de mai, ce sont ainsi 2.342 enfants et jeunes migrants qui auraient ainsi été séparés de leurs familles.

Melania & cie

Cette politique de "tolérance zéro" avait un objectif clair: dissuader les familles à tenter leur chance à la frontière mexicaine. Mais selon un sondage, deux tiers des Américains s'opposaient à ces séparations. Le président Obama est sorti de son silence pour mettre fin à une telle pratique et même Mélania n'a pu garder le silence face à de telles images, tout comme les autorités religieuses.

Trump a dû céder."Le dilemme est que si vous êtes faible, ce que les gens aimeraient que vous soyez (…), le pays va être envahi par des millions de personnes. Et si vous êtes dur, vous semblez n’avoir aucun cœur. C’est un dilemme difficile. Peut-être que je préférerais être dur, mais c’est un dilemme difficile."

Mais le problème de la migration reste latent. Par son nouveau décret qui temporise quelque peu sa politique migratoire, Trump demande au Congrès de prendre ses responsabilités et de trouver une solution permanente, notamment pour les dreamers, ces jeunes arrivés sans papiers.

Ne dites pas à Donald Trump qu'il a fait marche arrière. Il entend toujours régler la question migratoire alors que les États-Unis sont redevenus le premier pays de demande d'asile, avec 330.000 demandes, dont 40% sont des Salvadoriens, Vénézuéliens et Guatémaltèques.

Mi-mandat

Les démocrates, comme il aime le rappeler, n'ont pas toujours été tendres sur la question migratoire et ont tous promis de se charger de l'immigration illégale. Trump promet lui de faire ce qu'il a dit, son argument massue tout au long de son mandat.

En point de mire, les élections de mi-mandat le 6 novembre prochain qui recomposeront le Congrès américain. Il sait que pour l'heure le Congrès lui est acquis, ce qui n'est pas du tout assuré dans moins de six mois. Trump tente de faire bouger les lignes. La encore un dilemme s'offre à lui: rassembler son camp et l'élargir ou continuer sur sa politique dure qui ravit son plus proche électorat. Donald Trump a donné une partie de la réponse ce jeudi.

Déjà lu?