"La criminalité augmente en Allemagne" ou quand Donald Trump se plante encore dans un tweet

Tandis que la politique migratoire à tolérance zéro de Donald Trump suscite de vives critiques, le président américain s'en est pris à l'Allemagne affirmant que le taux de criminalité du pays avait augmenté. 

Il n'aura fallu qu'un seul tweet pour comprendre que Donald Trump était à côté de ses pompes. Lundi soir, le président des États-Unis a affirmé dans un tweet que "le taux de criminalité augmente en Allemagne. Une grosse erreur d'avoir permis à des millions de personnes de venir en Europe en changeant violemment leur culture", insinuant que les migrants en seraient responsables.

Crise politique pour Angela Merkel

Son tweet intervient à un moment crucial pour la chancelière allemande, Angela Merkel qui fait actuellement face à une crise politique majeure sur la question migratoire. En effet, l'aile la plus à droite de sa coalition gouvernementale réclame plus de fermeté aux frontières. Et tandis que les dirigeants du pays n'arrivent pas à se mettre d'accord, le ministre allemand de l'Intérieur, Horst Seehofer, a lancé un ultimatum à la chancelière allemande, menaçant de fermer les frontières aux migrants en juillet.

Un taux de criminalité historiquement bas

Donald Trump a dès lors jugé que "le peuple allemand se retourne contre ses dirigeants alors que l’immigration secoue la coalition déjà fragile de Berlin", persuadé que le taux de criminalité en Allemagne était en hausse. Or, il n'en est rien. Au contraire: la criminalité a fortement baissé en 2017, dernière année dont les statistiques sont disponibles. En 2017, la police a recensé 5.761.984 actes criminels, contre 6.537.748 auparavant. Un recul net de 5,1% par rapport à 2016. Début mai, le ministre de l'Intérieur allemand publiait d'ailleurs un communiqué stipulant que le taux de criminalité en 2017 avait atteint "son plus bas niveau historique depuis 1992".

Hausse de la proportion de criminalité étrangère

Donald Trump aurait donc encore une fois mieux fait de se renseigner avant de parler. En effet, en analysant les chiffres, on se rend compte que ce n'est pas le taux de criminalité qui a augmenté, mais bien la proportion de la criminalité étrangère dans le pays. Ce taux a atteint les 35 % en 2017, alors qu'il n'était qu'à 28,7 % en 2014. Mais en 2016, il avait dépassé les 40%. La proportion de personnes étrangères parmi les personnes suspectées d’actes criminels a donc augmenté bien avant la crise migratoire.

Tolérance zéro de sa politique migratoire

Pendant ce temps, aux États-Unis, Donald Trump suscite de vives réactions concernant la tolérance zéro de sa politique migratoire. Près de 2000 enfants de migrants ont déjà été séparés de leurs parents dans les six semaines ayant suivi la mise en oeuvre de sa politique. Lundi soir, des images montrant ces enfants reclus dans des espaces grillagés et des enregistrements de pleurs d'enfants ont circulé partout dans les médias américains. L'indignation monte encore d'un cran concernant sa politique migratoire, notamment parmi des personnalités bien connues, comme Laura Bush, qui qualifie cela de "cruel et "d'immoral". Mais pour Donald Trump, "c'est la faute des démocrates qui sont faibles et inefficaces sur la sécurité aux frontières et la criminalité. Dites-leur de commencer à penser aux gens dévastés par la criminalité venant de l'immigration illégale", tweetait-il encore.

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