Bruxelles s'attaque aux 1.500 AirBnb de la Ville: "il est illégal d’exploiter ainsi de l’hébergement touristique"

Après Berlin, Lisbonne, Barcelone et Paris, c'est au tour de Bruxelles d'imposer des mesures restrictives à la plateforme Airbnb. En cause, l'illégalité de certains logements.

Entre les villes touristiques européennes et AirBnb, l'idylle commence à se dissiper. Plusieurs capitales européennes très prisées des voyageurs ont récemment musclé leurs législations à l'égard des locations de type AirBnb. Dernière dans la lutte: la Ville de Bruxelles.

Il y aurait 1.500 logements AirBnb dans la commune de Bruxelles et 6.000 dans toute la capitale. L'échevin bruxellois en charge de l'Urbanisme Geoffroy Coomans de Bachène (MR) veut rendre ces logements aux Bruxellois.

"Je pense que c’est nécessaire pour que les gens comprennent qu’il est illégal d’exploiter ainsi de l’hébergement touristique alors que ce sont des logements qui devraient être utilisés pour les Bruxellois", expliquait l'échevin il y quelques jours à Euronews.

Immeubles sous scellés

En avril, l'échevin avait symboliquement mis sous scellés un immeuble du centre-ville qui avait illégalement transformé des appartements en hébergements touristiques. "J’encourage la Région de Bruxelles-Capitale à faire une action en justice contre Airbnb qui met sur une plate-forme des hébergements touristiques illégaux. Pour la Ville de Bruxelles, ça suffit", avait-il déclaré.

"Pendant un an, nous avons informé le secteur et maintenant nous souhaitons passer à la vitesse supérieure. C’est la tolérance zéro. (…) Aujourd’hui, on pourrait considérer que les Airbnb sont les marchands de sommeil 2.0".

Lobbying à l'UE

Certains affirment que ces luttes seront complexes car AirBnb a bonne presse à la Commission européenne. Dans son rapport "UnFairbnb", l'ONG "CEO Observatory" qui surveille les lobbys en Europe, se penche sur la façon dont le lobbying de la plateforme au sein de l'UE empêche les grandes villes de réguler correctement le modèle AirBnB pour les locations de vacances.

Le budget lobbying d'AirBnb a été multiplié par quatre en 2016 par rapport à 2015, relève le watchdog. Conséquence: la Commission européenne travaille constamment à l'interprétation des règles de l'UE en faveur des plateformes d'hébergement touristique. Mais à la Ville de Bruxelles, on est confiant. Geoffrey Coomans semble bien décidé à rendre la capitale... aux Bruxellois.

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