Elio Di Rupo frappe plus fort: "De Wever méprise les Wallons et les Bruxellois francophones"

La passe d'armes par médias interposés continue entre Elio Di Rupo et Bart De Wever. Le président du PS, qui a lancé les hostilités, a répondu à son homologue de la N-VA, dont la réponse avait été particulièrement violente. De quoi déclencher la colère du bourgmestre de Mons, qui accuse De Wever d'être "un anti-francophone primaire".

C'est l'une des conséquences inattendues de la mort tragique de la petite Mawda. Alors que Bart De Wever avait choqué en refusant de faire des parents de l'enfant de 2 ans des "victimes", Elio Di Rupo s'en était pris à lui, l'accusant "d’inhumanité". Ce à quoi le président de la N-VA a répondu dans une lettre ouverte, pointant du doigt "la politique d'ouverture des frontières" prônée par le PS quand il était au pouvoir. Bonne ambiance. Et ça ne risque pas de s'arranger avec la dernière sortie de Di Rupo.

"Le Premier ministre de l'ombre"

Le président du PS cherche à avoir le dernier mot dans une interview accordée à la DH. Et il tape fort sur son homologue de la N-VA. "On sent Bart De Wever perdre son sang-froid. Il s’attaque à ma personne alors que, moi, je défends des idées. Il assène des mensonges alors que, moi, je lui ai parlé d’éthique, de moralité, d’honneur. Quand un enfant décède, dans notre pays, depuis toujours, on fait preuve d’empathie. Et ici, le président du principal parti dit que la famille porte une responsabilité dans le décès de son enfant…", assène Di Rupo.

Et le bourgmestre de Mons d'aller encore plus loin: "Bart De Wever, qui est dans les faits le Premier ministre de l’ombre, est un anti-francophone primaire.On l’a vu encore récemment avec l’épisode des Wallons qui seraient obèses. Il méprise les Wallons et les Bruxellois francophones. Avec ce gouvernement fédéral, la population – et singulièrement la population francophone – souffre. Nous éprouvons des difficultés pour boucler les fins de mois. Les pensionnés n’en peuvent plus. L’augmentation des prix est terrible. Le prix des soins de santé augmente. Il y a une dégradation générale. Voilà la réalité de tous les jours."

Charles Michel, attaqué lui aussi quand Di Rupo taxe De Wever de "Premier ministre de l'ombre", appréciera... La réponse du bourgmestre d'Anvers pourrait tomber durant le week-end et la passe d'armes entre les deux leaders politiques continuer dans les jours à venir. Ce sera à celui qui frappe le plus fort. Pas fou, Di Rupo sait qu'en attaquant de la sorte De Wever, il ne peut que grappiller quelques points en faveur du PS dans les sondages, avec en ligne de mire les élections de l'année prochaine. "Je compte sur les francophones de manière générale – pas seulement ceux qui ont de la sympathie pour le Parti socialiste – pour qu’il y ait une réaction collective", appelle Di Rupo, qui ne se trompe donc pas de combat. "Après les élections de 2019, on ne peut plus laisser diriger le pays de cette manière, une manière qui est brutale."

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