La Russie encore pointée du doigt: on a compté 90 chants racistes et homophobes dans les stades cette saison

À quelques jours de la Coupe du monde, la Russie est plus que jamais au coeur de l'actualité. Et pas forcément en bien. Ce mercredi, un nouveau rapport vient encore détruire l'image des supporters russes déjà bien ternie. Cette saison, on a comptabilisé 90 chants racistes et homophobes dans les stades russes. Pas vraiment une bonne pub pour le Mondial. 

Que s'est-il passé cette saison en Russie? Un rapport publié par Fare Network et le Sova Center révèle que lors de cette saison 2017-2018, 90 chants racistes et homophobes ont émané des stades russes. On dirait que les supporters ont voulu se donner une mauvaise image avant la Coupe du monde puisque l'année dernière on en comptabilisait que deux. Et l'année encore avant, on en comptait que 10. La différence est donc énorme et on ne comprend pas trop la logique.

Quelques exemples: plusieurs internationaux français ont dû subir des cris de singe lors d'un match amical, tout comme un jeune espoir de Liverpool, Bobby Adekanye (19 ans) lors d'un déplacement au Spartak Moscou. Même des joueurs naturalisés russes subissent les cris racistes, comme Guilherme Maritano, un brésilien d'origine. Pire, un gouverneur local a expliqué aux médias que le club de Vladivostok ne recruterait pas de joueurs noirs.

Technique d'intimidation

Le mois dernier, Bryan Idowu, un nigérien né et élevé en Russie, donnait son avis sur cette problématique. Selon lui, les chants racistes ne sont qu'un moyen de déstabiliser l'adversaire: "Je pense qu'ils font ça pour mettre une pression psychologique sur les joueurs pour qu'ils arrêtent de jouer" expliquait-il avant de finir sur une touche optimiste "Les Russes partent de plus en plus souvent à l'étranger et rencontrent des gens et de nouvelles cultures et ça aide à lutter contre le racisme. Je pense que la Coupe du monde va les aider à être plus ouverts." En tout cas, Idowu a préféré choisir le Nigéria que la Russie comme équipe nationale. Pas fou, le gars.

Mais pourquoi une telle augmentation des chants? Selon le directeur exécutif de Fare Piara Powar, c'est parce que les clubs contrôlent de plus en plus le contenu des banderoles et bannières. Alors, il ne reste aux supporters que leur voix...et c'est difficile d'empêcher ça.

De toute façon, les supporters russes sont malins et contournent les règles en matière de racisme en utilisant des messages codés sur leurs bannières pour véhiculer leurs messages racistes. Ils utilisent, par exemple, des runes vikings pour véhiculer les valeurs de l'extrême droite russe. Mais si on écoute Alexei Sorokin, membre du comité organisateur du Mondial, le racisme n'est "pas pire qu'ailleurs" en Russie.

Maisons de la diversité

Fare coopère activement avec la FIFA et l'UEFA pour lutter contre le racisme dans le football. Alors, pendant la Coupe du monde, une "maison de la diversité" ouvrira ses portes à Moscou et Saint-Petersbourg. Ils vont également distribuer des guides aux touristes et supporters et une ligne d'assistance sera ouverte pour venir en aide aux personnes victimes de discrimination lors du Mondial.

En conclusion, ces problèmes de discrimination inquiètent à quelques jours de la Coupe du monde. Fare encourage les gens à se déplacer en Russie mais les invite à être prudents. Ça ne donne pas forcément envie...

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