Débrief: ce dont on est sûr à propos de l'attaque de Liège

Il était 10h30 ce mardi quand Benjamin Herman, en congé pénitentiaire, a tué deux policières et un jeune homme de 22 ans. Il a ensuite été abattu par les forces de l'ordre. Soupçonné de radicalisme depuis 2017, il était incarcéré depuis 2013 et aurait dû sortir en 2020. L'homme avait pourtant déjà bénéficié de nombreuses autorisations de sortie. 

1. L'attaque

L'auteur de l'attaque décide d'abord de prendre deux policières en filature. A l'aide d'une arme blanche, il parvient à les neutraliser par l'arrière. Il s'est ensuite emparé de leur arme pour abattre ses deux victimes alors au sol.

Il a ensuite poursuivi sa route à pied s'en prenant à un jeune de 22 ans à bord d'une voiture stationnée. Ce dernier est décédé par balle. L'auteur se dirige alors vers le lycée Léonie de Waha dans laquelle il prend une femme en otage pour finalement s'en servir de bouclier. Il décide alors de sortir pour se confronter à la police. Il tire plusieurs coups de feu dans leur direction, en blessant quelques-uns aux jambes, avant d'être neutralisé.

Tout ceci a été confirmé par le Procureur du Roi de Liège lors d'une conférence de presse donnée à 13 heures. L'infraction terroriste est retenue, on entend d'ailleurs dans une vidéo que l'auteur crie "Allahu Akbar". Le bilan de cette journée maussade est lourd: quatre victimes, dont l'assaillant et quatre autres policiers blessés. Trois sont toujours hospitalisés.

2. L'auteur

L'auteur de l'attaque à caractère terroriste se nomme Benjamin Herman. Il est né en 1982 (36 ans) et était incarcéré à la prison de Lantin depuis 2013 pour des faits de droit commun (vols et trafic de drogue principalement). L'homme est décrit comme "instable" et n'avait plus de contact avec sa famille.

Benjamin Herman est également qualifié de "très violent" par les autorités. Il est même soupçonné de se radicaliser lors de son passage à la prison de Lantin en 2017. Mais difficile de prévoir ce qu'il allait se passer aujourd'hui. L'auteur de l'attaque avait déjà bénéficié de 11 autorisations de sortie et de 13 congés pénitentiaires de deux jours, a fait savoir Koen Geens, le ministre de la Justice.

Ces sorties devaient lui permettre de se réinsérer. Il s'agit d'un droit fondamental et nul ne peut en être privé sauf si cela comporte des risques sérieux pour le détenu ou la population. Tout est une appréciation du risque et il a été mal évalué.

3. Les victimes

Le chef de corps de la police a décliné l'identité des deux policières abattues. Il s'agit de Soraya Belkacemi (née en 1973) et Lucile Garcia (née en 1964), toutes les deux mamans. Le cas de Soraya Belkacemi émeut particulièrement quand on sait qu'elle avait deux jumelles de 13 ans déjà orphelines de leur papa.

Concernant le jeune homme de 22 ans, il était élève à la Haute Ecole de la Ville de Liège et allait prochainement recevoir son diplôme d'instituteur, comme l'a indiqué Willy Demeyer, bourgmestre de la Ville de Liège.

4. Et maintenant?

Sauf avis contraire de l'OCAM, le niveau de sécurité reste au niveau 2. Il ne sera pas rehaussé. Tous les élèves des écoles environnantes ont été mis en sécurité et bénéficieront d'une assistante psychologique. Le Lycée Léonie de Waha fermera toutefois ses portes demain et ne rouvrira que jeudi.

Le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, a par ailleurs déclaré que le caractère terroriste de l'attaque n'est pas "évident" à démontrer. Et que la sortie autorisée n'avait pas été prise à la légère. Il ne parle pour dès lors pas d'une erreur.

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