Face aux fanatiques pro-Erdogan, Macron prend la défense du Point

"Le dictateur. Jusqu'où ira Erdogan?" a titré en Une le magazine Le Point la semaine passée. En France, des supporters du dirigeant turc se sont offusqués de cette Une et ont réclamé que certains kiosques la retirent. L'affaire a pris tellement d'ampleur que même le président Emmanuel Macron est intervenu, au nom de la liberté de la presse.

Le Point a réalisé une longue enquête la semaine passée sur l'étendue des pouvoirs du président turc Reccep Tayyip Erdogan. L'homme à la tête de la première puissance du Moyen-Orient inquiète de par ses méthodes brutales, son rôle clé dans l'un des points les plus chauds de la planète et de par ses partisans éparpillés dans le monde entier.

Tout ceci, le magazine français Le Point l'a résumé en une cover. Sur une photo en gros plan du dirigeant turc, on peut lire "Le dictateur. Jusqu'où ira Erdogan?".

Cette cover a causé la colère des militants pro-Erdogan. Pendant une semaine, le magazine a été victime de "harcèlement, d'insultes, d'intimidation, d'injures antisémites et de menaces à notre attention sur les réseaux sociaux", raconte Le Point.

L'ire des militants était telle que certains d'entre eux se sont dirigés vers des kiosques, où la Une du magazine était affichée, pour réclamer le retrait de cette dernière. Au Pontet, dans le Vaucluse, et à Valence, dans la Drôme, ils y sont parvenus selon Le Point.

"Il y avait de plus en plus de monde, de la police et des jeunes qui menaçaient de mettre le feu au kiosque. J'ai fini par appeler Médiakiosk [la société en charge des kiosques] pour qu'ils viennent retirer l'affiche", raconte Julie, l'épouse du kiosquier du Pontet, au Point.

L'affaire a fait tant de bruit que même le président de la République française Emmanuel Macron a réagi dans un tweet:

Dans ce tweet, Macron dénonce l'attitude des partisans fanatiques d'Erdogan. Mais il s'en prend aussi indirectement au président turc lui même. Car la Turquie d'Erdogan est actuellement l'un des pays au monde qui réprime le plus violemment la liberté de la presse. 35 journalistes sont actuellement poursuivis par la justice turque.

Lorsqu'il déclare "La liberté de la presse n’a pas de prix : sans elle, c’est la dictature.", le président dénonce la dictature turque. Une dictature que les dirigeants européens ont toujours dénoncé avec des pincettes, de peur de froisser leur partenaire économique.

La ministre belgo-française de la Culture Françoise Nyssen a tweeté un message similaire à celui de son président:

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