Les Irlandais ont levé un vieux tabou: ils se sont prononcés en faveur de la légalisation de l'avortement

Les Irlandais ont franchi le pas: ils ont voté à 68% en faveur de la légalisation de l'avortement selon les premières estimations. Jusqu'à aujourd'hui, le huitième amendement de la Constitution l'interdisait.

Ce 25 mai était une journée historique en Irlande. Les habitants devaient se prononcer sur la légalisation de l'avortement dans leur pays. 3,3 millions se sont rendus aux urnes pour participer à ce référendum. Certains ont même fait le voyage depuis le bout du monde. Selon un sondage effectué par le Irish Times à la sortie des urnes, 68% des citoyens irlandais se seraient prononcés en faveur de la légalisation de l'IVG. Et si on prend les chiffres de la RTE, la radio-télévision publique, ce serait même 69,4%. Il y aurait 65% d'hommes qui auraient voté pour et 70% de femmes. Il y a également eu un vote massif des jeunes de moins de 25: ils sont 87% à s'être prononcés en faveur de l'IVG contre 63% pour la catégorie 50-64 ans.

Le résultat définitif devrait être connu ce samedi après-midi. Mais le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, a d'ores et déjà tweeté: merci à tous ceux qui ont voté aujourd'hui. La démocratie est en marche. Nous allons écrire l'histoire demain...".

Savita Halappanavar

Le référendum demandait en fait l'abrogation du huitième amendement de la Constitution qui interdisait tout avortement. Une vieille loi qui remonte à 1961. Jusqu'à 2013, l'avortement était même passible de prison à vie. Ensuite, une IVG pouvait valoir quatorze ans de détention à la personne qui y recourait. L'Irlande était un des pays de l'Union européenne qui avait la politique la plus dure en matière d'avortement.

Mais les mœurs ont changé. Et une véritable campagne de sensibilisation ainsi que différentes manifestations se sont déroulées après la mort Savita Halappanavar. Cette jeune femme de 31 ans s'est rendue dans un hôpital à dix-sept semaines de grossesse, car elle souffrait de maux violents au dos. Elle était en train de faire une fausse-couche et a donc demandé au médecin de pratiquer une interruption de grossesse. Ils n'ont pas voulu le faire tant que le coeur du bébé battait toujours. Résultat, l'IVG a été pratiquée quelques heures plus tard et la jeune femme est décédée d'une septicémie la nuit après l'accouchement.

Le parlement irlandais devrait commencer le processus pour légaliser l'avortement durant le mois d'août. Il sera légal jusqu'à douze semaines de grossesse et 24 si la santé de la mère est en danger.

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