Voici comment le dossier sur les professions pénibles a fini par diviser le gouvernement

Le ministre des Pensions Daniel Bacquelaine (MR) en a peut-être fait trop. C'est en tout cas ce que lui reprochent l'Open vld et la N-VA. En négociant directement avec deux syndicats pour établir une liste des métiers pénibles, il est entré en opposition avec ses deux partenaires au gouvernement. La division est maintenant totale sur le sujet.

Les métiers que l'on appelle pénibles pourront bénéficier d'une retraite anticipée. Le tout est de savoir quels métiers cela concerne. C'est le job de Daniel Bacquelaine (MR), ministre des Pensions discret, qui est maintenant au centre de l'actualité.

Il doit dresser une liste. L'équilibre devant être trouvé entre coût pour la société et pressions syndicales, en plus de la pression des autres partis de la majorité, comme si l'opposition ne suffisait pas.

Une balle dans le pied

Tout indique qu'avec cette liste, Daniel Bacquelaine s'est tiré une balle dans le pied. Parce que plutôt que de trouver un consensus avec les deux partis les plus libéraux du gouvernement, la N-VA et l'Open vld, le ministre a tenté de le faire avec les syndicats CSC et SLFP.

Ils ont d'ailleurs été les premiers à se féliciter de l'accord une fois la liste dressée. Une liste qui reconnaît de larges catégories de métiers pénibles. Les personnes qui en font partie pourront partir plus tôt à la retraite, ce qui a bien sûr un coût pour la sécurité sociale. Un coût que ne se disent pas prêts à payer l'Open vld et la N-VA, contrairement au CD&V qui a appelé "à respecter l'accord entre le ministre et les syndicats".

Cela concerne tous les militaires et le personnel civil, mais aussi les services de poste et presque tout le monde au sein de la SNCB. La liste reprend également les professions d'infirmière, d'enseignant ou encore les professions maritimes, les policiers, les pompiers et les éboueurs. Ça fait beaucoup de monde.

"Le dictat des syndicats"

Le souci premier, c'est que l'Open vld et la N-VA n'ont pas été informés des avancées de la réforme, ce qui a suffi à faire exploser les choses. À la Chambre, l'Open vld s'en est pris ouvertement au ministre Bacquelaine. Vincent Van Quickenborne (Open VLD) l'a dit dans toutes les langues à la radio ou à la TV: "Il s'agit d'un dictat des syndicats". Alexander De Croo, également ministre du gouvernement fédéral, en a rajouté une couche: "Ce ne sont pas les syndicats qui prennent les décisions politiques." La liste est également inacceptable pour la N-VA car trop longue, trop coûteuse pour l'avenir.

Ce qui a inspiré le ministre des Pensions n'est pas encore tout à fait clair, mais il s'est peut-être laissé manger par son administration. Avec plus de la moitié des fonctionnaires pouvant partir à la retraite plus tôt, c'est toute la réforme des pensions qui bat de l'aile, selon les deux partis flamands. Mais Bacquelaine reste toutefois confiant, il assure que sa liste des métiers pénibles est viable.

Les élections arrivent

Mais un dernier problème subsiste et il est de taille. Il n'y a pas encore d'accord dans le secteur privé. Le gouvernement aurait pourtant voulu annoncer tout d'un coup. Mais la générosité accordée au secteur public rend la situation plus difficile pour le secteur privé. Parce que les conducteurs de bus ou les infirmières travaillent également dans le secteur privé. Les coûts pourraient s'envoler. De plus, les négociations entre les employés et les syndicats connaissent aussi quelques accrocs.

Last but not least, ce qui complique encore un peu plus les choses, c'est le timing. Deux échéances électorales approchent. D'abord les élections locales d'octobre et ensuite les législatives du printemps 2019. Chacun veut faire bonne figure et tirer la couverture vers soi. Le dossier des pensions étant un dossier de plus qui divise la majorité, entre le dossier Arco, l'IPO de Belfius ou encore le pacte énergétique.

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