Unanimité: la Wallonie s'attaque aux perturbateurs endocriniens et s'en donne les moyens

La Wallonie a décidé de prendre les problèmes des perturbateurs endocriniens au sérieux. Une proposition de résolution a été adoptée mercredi soir au Parlement wallon. Outre une enquête qui doit approfondir notre connaissance sur ces substances chimiques, un plan national devrait suivre, en plus de la création de zones tampons.

Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques omniprésentes dans nos produits du quotidien (pesticides, cosmétiques, plastiques, alimentation...). Ils sont suspectés de provoquer certaines maladies en plus de perturber l'environnement.

Ils restent toutefois difficiles à définir et leurs conséquences ne sont pas encore vraiment connues et maîtrisées. Mais lorsqu'en Europe, on est divisé sur la question, la Wallonie, elle, a parlé d'une seule voix hier en séance plénière au Parlement.

Enquête et zones tampons

L'objectif: mieux connaître les perturbateurs endocriniens pour mieux les combattre. Le projet porté par la députée cdH Véronique Waroux a fait l'unanimité à Namur. Il consiste d'abord en une large enquête afin d'évaluer le degré d'exposition à ces substances potentiellement dangereuses. Un budget d'un million d'euros a été dégagé en ce sens.

Ensuite, le texte vise à encourager la création d'un consortium international de scientifiques indépendants en vue d'objectiver les choses. Renseignements pris, la Wallonie établira un plan d'action national et dressera une signalétique spécifique des produits contenant ces perturbateurs, fait savoir Belga.

À plus court terme, la Wallonie entend informer les publics les plus sensibles ou les plus exposés (enfants, femmes enceintes, agriculture, construction...). Elle interdira aussi des substances problématiques comme du bisphénol, des propylparabènes, butylparabènes et phtalates de tous les contenants alimentaires, jouets et produits cosmétiques.

Enfin, et c'est une bonne nouvelle pour la biodiversité, les députés veulent créer des zones tampons sans pesticides dans des lieux spécifiques: le long des cours d'eau, des zones habitées, près des écoles, des crèches, des homes et dans les endroits destinés à recueillir l'eau de pluie.

Les garçons plus touchés que les filles

Les récentes études ont évalué à 800 le nombre de perturbateurs endocriniens. Certains sont naturellement présents dans notre environnement et dans nos aliments, mais la plupart sont issus de produits utilisés dans l'agriculture (pesticidides) ou dans la fabrication de plastiques et cosmétiques. Comme leur nom l'indique, ils perturbent notre organisme et agissent sur nos hormones avec des risques pour la santé.

Le souci, c'est qu'il s'agit d'un mécanisme très complexe. Parfois, des petites doses quotidiennes sont plus toxiques que des doses élevées, d'où la difficulté à évaluer les risques. Les perturbateurs endocriniens touchent d'ailleurs plus les garçons que les filles sans qu'on sache trop pourquoi.

Reste que cette problématique doit être appréhendée à plus grande échelle. La Belgique et ses autres Régions mais surtout l'Europe ont un rôle crucial à jouer.

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