Malgré les grèves et les vols annulés, Ryanair affiche une santé d'enfer

Entre les grèves des pilotes, les révoltes syndicales, les soupçons de fraude fiscale, les billets non remboursés et les propos souvent scandaleux du CEO Michael O'Leary, Ryanair croule sous les scandales. Pourtant, la compagnie aérienne affiche une excellente santé économique. Ce 21 mai, elle enregistre une hausse de 10% de son bénéfice après impôts.

Il est assez rare qu'une semaine se passe tranquillement sans que le nom de Ryanair n'apparaisse dans les médias. Que ce soit via une déclaration outrancière de son président Michael O'Leary - "on va débarrasser l'Europe de cette merde d'Airbus. On adore Boeing" - ou par l'annonce d'une nouvelle grève et de vols annulés, Ryanair est omniprésent dans l'actualité. Et c'est rarement positif. En 2017, par exemple, quelques 20.000 vols ont été annulés, impactant quelques 800.000 personnes.

Ces obstacles ne semblent pourtant pas fragiliser la robuste santé économique de la compagnie aérienne irlandaise. En terme de trafic, les avions Ryanair ont transporté 10 millions de passagers en plus que l'année passée (+9%) alors que la compagnie s'est défait de 25 appareils. Sur le plan économique, cela représente une hausse de bénéfice de 10% après impôts. Au total, le roi du low-cost s'est ainsi fait un bénéfice de 1,45 milliard d'euros.

2017, année difficile

"Nous sommes heureux d'annoncer une augmentation de 10% des bénéfices, avec une marge nette inchangée de 20%, malgré une baisse de 3% des tarifs aériens, pendant une année de surcapacité en Europe, conduisant à un environnement tarifaire plus faible, à la hausse des prix des carburants, et le rétablissement suite à notre échec de gestion des inscriptions en septembre 2017", déclare Michael O'Leary dans un communiqué de presse.

Mais la compagnie serait parvenu à récupérer de tous ces contretemps sans grande difficulté. Elle annonce avoir créé 1.500 nouveaux emplois et accordé plus de 600 promotions durant l'année fiscale. Elle est aussi finalement parvenue à trouver des accords salariaux et des contrats de "cinq ans ont été conclus avec la plupart des pilotes et des équipages de cabine".

Brexit

Sur l'année fiscale 2017, Ryanair a restitué plus de 800 millions d'euros à ses actionnaires. Mais certains d'entre eux pourraient être mis au ban avec le Brexit. Ryanair est basée à Swords, dans la République d'Irlande, un pays membre de l'Union européenne. La compagnie est donc soumise aux règles du marché unique européen et de l'union douanière, règles qui pourraient être différentes en Grande-Bretagne si le gouvernement britannique parvient un jour à pondre un plan d'action clair pour le Brexit.

Ryanair craint que le Brexit puisse "potentiellement affecter les droits de licence et de vol de Ryanair" car ses "actionnaires britanniques seront traités comme non-membres de l'UE". En conséquence, la compagnie a "l'intention de restreindre les droits de vote de tous les actionnaires non membres de l'UE en cas de Brexit, afin que Ryanair soit détenue majoritairement et contrôlée par les actionnaires de l'UE".

Pour pouvoir continuer à voler au Royaume-Uni sans être inquiétée par de nouveaux régimes fiscaux, la compagnie a déjà fait la demande d'un AOC, un certificat de transport aérien qui autorise une compagnie à trimballer des passagers. Est-ce que cela signifie qu'elle va créer une nouvelle compagnie rien que pour le Royaume-Uni? Peut-être. Tout dépendra de la façon dont le Brexit se déroulera.

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