Charles Michel est fier: la Belgique est deuxième au classement des droits LGBT en Europe mais des efforts restent à faire

À quelques jours de la gay pride, le rainbow index 2018 a été publié. Il s'agit d'un classement des pays européens en fonction des droits LGBT. Par rapport à 2017, la Belgique saute deux places pour s'installer confortablement en deuxième position du classement. Une fierté pour Charles Michel. Mais il faut le dire, il y a quelques petits détails qui chiffonnent. 

Depuis 2010, la Belgique ne quitte pas le top 4 de l'Index Rainbow, un classement des pays européens en fonction des droits accordés à la communauté LGBT. Le plat pays s'affirme comme un modèle à ce niveau. Cette année, la Belgique se classe une nouvelle fois deuxième et réalise une belle remontée après sa 4ème place en 2017, de bonne augure pour la gay pride qui aura lieu le 19 mai à Bruxelles.

Le Premier ministre Charles Michel a annoncé cette bonne nouvelle sur Twitter et affiche clairement sa fierté suite à cette seconde place, fruit du travail du gouvernement belge et de "ses réformes". Mais malheureusement, il y a quelques petits noirs qu'il faut souligner.

Un score en baisse

En 2016, la Belgique était déjà à la seconde place du classement mais avec un score de 82%. Cette année, ILGA Europe, l'organisme qui établit le classement, n'attribue un score que de 78,76%. En deux ans donc, le bilan belge en matière d'égalité a diminué. Par contre, il a fortement augmenté par rapport à l'année dernière. Si il y a donc matière à se réjouir, on peut s'interroger sur cette diminution entre 2016 et 2018.

On peut aller plus loin car en 2015 le score belge était de 83%. Depuis cette année-là, la Belgique a donc perdu 5 points. Ce score est calculé en fonction des avancées législatives (mariage pour tous, adoption des couples homosexuels), le taux de crime, discours de haine, la reconnaissance des familles homoparentales, la reconnaissance du genre et de l’intégrité physique, le droit d’asile, la liberté d’expression et de rassemblement.

Les discours de haine encore trop nombreux en Belgique

Au niveau des avancées législatives, on peut citer l'accès aux FIV pour les lesbiennes, une loi qui est tombée cette année en 2018. Par contre, les homosexuels n'ont toujours pas l'autorisation de donner leur sang. Si Maggie De Block voulait donner ce privilège aux couples homosexuels en 2016, ce n'est toujours pas d'application. Voila un élément qui pourrait expliquer cette baisse de score entre 2016 et 2018. Sinon, il faut croire que les discours de haine prolifèrent en Belgique, sans doute à cause du développement des réseaux sociaux. La crise migratoire a également dû jouer un rôle même si cela ne touche pas forcément la communauté LGBT, le droit à l'asile fait partie de la pondération du classement et ILGA déplore le manque de mesures en matière de droit à l'asile pour les personnes intersexuées.

ILGA pointe également un manque dans la constitution belge au niveau de la reconnaissance des genres et de l'orientation sexuelle. L'organisme souligne aussi l'absence d'aide et d'accompagnement proposé aux personnes désireuses de changer de sexe mais une mesure de Zuhal Demir (N-VA) et Koen Geens (CD&V) voté fin 2017 y ressemble fortement . ILGA regrette enfin le manque de législation en matière de discours de haine envers les différentes communautés. C'est autant de points à améliorer pour la Belgique pour ainsi espérer faire monter l'indice en 2019.

La folle remontée de Malte, les pays de l'est à la traine

En 2013, Malte squattait les bas-fonds du classement avec un score de seulement 35%. Mais depuis 2016, la petite île s'est installée en tête du classement avec un score dépassant les 90%. C'est que, depuis 2012, 7 lois ont été votées en faveur de la communauté LGBT: le mariage pour tous (2017), l'adoption, droit au choix légal du genre et plusieurs lois contre les discriminations (dans tous les domaines).

Mais c'est bien dans l'est de l'Europe que les LGBT sont les plus mal lotis. En 2018, on retrouve de grands pays comme la Pologne, la Russie, la Turquie, l'Arménie, Monaco le Biélorussie et l'Azerbaïdjan avec des scores inférieur à 20%. C'est dans ces pays-là que les plus gros efforts doivent être faits. Mais vu ce qu'il se passe en Tchétchénie, le travail s'annonce long et périlleux.

Déjà lu?