Le "boys club" en moins chez Nike: le géant des chaussures de sport souffre d'une grosse vague de départs de l'entreprise

Après une enquête réalisée en interne chez Nike, au moins onze hauts dirigeants auraient quitté l'entreprise depuis mars dernier: parmi eux, certains y travaillaient depuis plus de vingt ans! La cause de ces départs inattendus? Probablement les premières conclusions du rapport, qui dénonce le harcèlement moral et sexuel. 

Nike Unlaced, la nouvelle boutique en ligne de Nike, spécialement réservée à la gente féminine, n'aura pas suffi à la marque de sneakers à faire oublier les scandales dont l'entreprise souffre ces derniers mois. Accusée de harcèlement moral et sexuel, Nike fait maintenant face à un exode sans précédent de dirigeants.

Onze départs

Depuis plus d'un mois, ce serait déjà onze hauts dirigeants qui auraient quitté le navire, certains y travaillant depuis plus de vingt ans déjà. Parmi eux, on retrouve notamment Trevor Edwards, un Afro-Américain, président de la marque Nike et considéré comme le successeur de Mark Parker, le PDG actuel. Il était "connu" pour avoir humilié publiquement ses subordonnées. La majorité a avoir mis une croix sur leur carrière au sein du géant du sport sont majoritairement des femmes. Ces départs surviennent à la suite d'une enquête réalisée en interne qui avait recueilli le témoignage de 43.000 salariés, dénonçant un environnement "toxique", marqué de discriminations et de harcèlement moral et sexuel.

Pour le Dr Gary Namie, créateur du Workplace Bullying Institute, ces départs sont "la preuve que le problème général relève du harcèlement moral ou de comportements abusifs sur le lieu du travail, et qu'il fait fi du sexe et de la couleur de peau. C'est juste de la cruauté", explique-t-il à l'AFP.

Une culture "macho"

Depuis que le mouvement #metoo est lancé, la libération de la parole a été lancée au sein de l'entreprise, et de façon globale, les employés dénonçaient une culture "macho" de l'entreprise, une sorte de "boys club", sans que rien ni personne n'y fasse grand-chose. Les personnes ayant été victime de certaines formes de harcèlement ont apporté en avoir fait part au service des ressources humaines sans que jamais leurs plaintes ne soient prises au sérieux. Nike dispose pourtant d'un règlement antiharcèlement. À l'annonce de cette enquête, début mars, l'un des dirigeants, Trevor Edwards, et considéré comme le successeur de Mark Parker, a d'emblée annoncé son départ.

Mark Parker a fait un long discours jeudi dernier, dans lequel il explique vouloir le bien-être de chacun au sein de l'entreprise: "Alors que beaucoup d'entre nous ont l'impression d'avoir été traités avec respect chez Nike, ce n'est apparemment pas le cas dans toutes les équipes", a-t-il déclaré lors de la réunion. Il ajoutait également: "Et si tous nos coéquipiers ne voient pas les mêmes opportunités, nous ne pouvons tout simplement pas accepter cela." Un beau discours qui vise à apaiser les tensions présentes depuis longtemps chez Nike.

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