Lâché par le Conseil de l'Europe, Alain Destexhe (MR) est maintenant dans le collimateur du Sénat belge

L'étau se resserre autour d'Alain Destexhe (MR). En cause, ses manquements au Code de conduite du Conseil de l'Europe, d'où il a démissionné en septembre 2017. Il lui est reproché d'avoir rédigé des rapports favorables à l’Azerbaïdjan contre rémunérations. Celui qui est toujours député bruxellois et sénateur a été privé d'accès au sein de l'institution européenne. Son cas va être étudié ce vendredi au Sénat.

Il y a une dizaine de jours, le nom d'Alain Destexhe faisait les gros titres. Pas pour son soutien à la politique migratoire de Theo Francken (N-VA), mais bien dans le cadre de son activité au Conseil de l'Europe, institution dont il a présidé la Commission sur les questions juridiques et les droits de l'homme, jusqu'en septembre dernier.

Mise au point au Sénat ce vendredi

Mis en cause par un groupe de journalistes indépendants, il lui est reproché, à lui et son collègue de l'Open VLD, l’ancien député fédéral Stef Goris, d'avoir rédigé des rapports élogieux sur l’Azerbaïdjan contre paiements. Des accusations de corruption qu'Alain Destexhe a toujours niées.

Hier, on apprenait que celui qui est toujours sur la prochaine liste communale MR à Ixelles a été privé d'accès au sein de l'institution européenne. C'est ce que lui a signifié la sénatrice belge Petra De Sutter qui est aussi la présidente de la commission du règlement de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE).

Bref, Alain Destexhe est dans le dur. D'autant que son cas va aussi être étudié au sein du Bureau du Sénat belge, font savoir l'Echo et Le Soir ce vendredi. Mais avec quelle marge de manœuvre? Christine Defraigne (MR), la présidente du Sénat, n'en voit pas beaucoup. Alain Destexhe est légitimement élu, "on ne peut pas le faire démissionner". Au mieux, une commission de déontologie pourrait être saisie, explique celle qui est du même parti, mais qui est loin de partager les mêmes points de vue que son collègue.

Il faut noter qu'une information pénale reste toutefois en cours. Alain Destexhe va de toute façon devoir s'expliquer.

Ecolo règle ses comptes

Pour Ecolo, il fait peu de doute que le libéral a commis de "graves fautes politiques". La sénatrice Cécile Thibaut pointe du doigt "un conflit d'intérêt évident" pour celui qui devait rédiger des rapports sur la démocratie et la régularité du processus électoral azéri, alors qu'il était rémunéré dans une ASBL financée par ce même État. Une ASBL légalement située à son domicile.

"Nous ne pouvons d'aucune manière apparaître comme complice des agissements de M. Destexhe. C'est la raison pour laquelle je réclamerai, ce vendredi (...) qu'il soit constaté qu'il a enfreint le Code de déontologie des membres du Sénat", fait savoir la sénatrice par communiqué. "J'espère sincèrement que nous serons suivis dans cette voie par les représentants des autres partis démocratiques. Indépendamment des procédures judiciaires en cours, un signal politique clair doit être donné à l'égard de tels agissements, qui déshonorent notre démocratie."

Voilà qui a le mérite d'être dit.

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