L'ecstasy va-t-elle bientôt être utilisée pour traiter le stress post-traumatique?

Le stress post-traumatique pourrait être traité en prenant de l'ecstasy de manière contrôlée. C'est ce que révèle une étude. La MDMA, le composant principal de l'ecstasy, pourrait réduire les symptômes s'il est combiné à une thérapie.

L'étude a été publiée dans The Lancet Psychiatry ce mercredi. Selon les chercheurs qui y ont participé, l'ecstasy pourrait aider les gens à soigner les symptômes d'un stress post-traumatique. Et plus précisément la MDMA, son composant principal. "On pense que la MDMA catalyse la thérapie, plutôt que d'être efficace par elle-même", déclare le Dr Allison Feduccia, co-auteur de la recherche de la MAPS, l'organisme américain de recherche sur la MDMA et la psychothérapie qui a financé l'étude.

En fait c'est la combinaison de la prise d'ecstasy et de la thérapie qui s'avère être le plus efficace car la MDMA affecte les niveaux de certains produits chimiques dans le cerveau et a aide les individus à s'engager plus émotionnellement dans la thérapie.

Seuls 26 sujets

Il faut tout de même relativiser ces conclusions car seules 26 personnes ont pris part à cette étude: 22 anciens combattants, trois pompiers et un policier. Les sujets ont participé à une séance de psychothérapie d'une heure trente suite à laquelle, ils ont pris une dose de MDMA à leur insu. Les doses variaient de 30 à 125 mg selon le sujet. Ensuite, les participants passaient une nuit en observation et avaient des entretiens téléphoniques durant toute la semaine suivante.

Finalement, ils participaient de nouveau à trois séances de psychothérapie. Selon les chercheurs, les sujets ayant pris une plus grosse dose de MDMA auraient eu moins de symptômes liés au stress post-traumatique. Ils avaient une meilleure qualité de sommeil ainsi qu'un meilleur fonctionnement dans la vie quotidienne. Et ce pendant douze mois.

Des effets négatifs

D'autres facteurs viennent un peu nuancer ces résultats. Premièrement, ils n'ont pas été comparés avec un groupe qui aurait pris un placebo. Ensuite, des participants ont signalé des effets secondaires: ils ont souffert d'anxiété, de maux de tête et d'une augmentation de leurs pensées suicidaires.

Ce n'est donc pas encore gagné mais c'est un premier pas dans la stress post-traumatique, particulièrement chez les anciens combattants. Et la Food and Drug Administration (FDA) a donné son feu vert pour l'étude entame la phase trois pour cette thérapie qu'elle juge "révolutionnaire".

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