Au calme, Publifin/Nethys veut faire tomber le décret gouvernance en Wallonie

Le Conseil d'administration de Finanpart, lien entre l'intercommunale Publifin et la société commerciale Nethys, veut introduire un recours contre le décret gouvernance. Ce décret porté par la ministre De Bue (MR) est justement le fruit de la commission parlementaire sur l'intercommunale wallonne. Certains des administrateurs cdH et PS semblent déconnectés de toute réalité. 

Le décret gouvernance a été voté en mars dernier. Il réduit le nombre d'administrateurs des intercommunales et limite leurs rémunérations en dessous du fameux plafond de 245.000 euros (pour les hauts cadres). Le texte, porté par la ministre des Pouvoirs locaux Valérie De Bue (MR), entend aussi renforcer la transparence au niveau des mandats afin d'éviter les conflits d'intérêts.

Le décret gouvernance leur fait peur

Problème: le texte comportait "des coquilles dans la retranscription des services du greffe". Il a dû être revoté en urgence mercredi. L'opposition avait fustigé à l'époque certaines erreurs dans le texte dans une séance plénière à rallonge, l'impréparation du gouvernement alors pointée du doigt était donc justifiée.

Mais il s'agit d'un simple ajustement technique. Le texte adopté mercredi est le même, les erreurs juridiques en moins. Le décret devrait vite être publié au Moniteur et entrer en application.

À moins que le Conseil d'administration de Finanpart, filiale du groupe Publifin/Nethys n'entre dans la danse. Selon La Meuse, plusieurs administrateurs envisagent de poser un recours contre le décret gouvernance. Une étude juridique envisage les possibilités. PS et CDH auraient voté pour, MR et Ecolo ont voté contre. Un administrateur socialiste s'est abstenu.

Ce qui est pointé du doigt: le trop grand pouvoir de décision de la Région wallonne sur le groupe Nethys. Et le manque de compétitivité que pourrait induire le plafond de 245.000 euros.

Le départ de cadres coûtera cher

Le même conseil d'administration entend aussi "ne pas verser de dividendes pour l’exercice 2017" aux communes, principales actionnaires de l'intercommunale, explique un administrateur au journal Le Soir. La raison? Payer les indemnités de départ aux 21 personnes qui dépassent le fameux plafond de 245.000 euros.

Parce que la réalité est là: la plupart des administrateurs ne s’accommodent pas de cette nouvelle règle du gouvernement wallon et vont mettre les voiles. Ces dividendes pourraient servir de provision. On parle quand même de 20 millions d'euros.

Les communes ont finalement refusé. Cet argent leur est indispensable. La bonne gouvernance, qui est mise à toutes les sauces, a bien du mal à se mettre en place.

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