"Mission accomplie": la Corée du Nord annonce qu'elle met fin à ses essais nucléaires et ferme un site stratégique

Nouvelle fracassante, Kim Jong-un vient d'annoncer la fin des essais nucléaires et des tirs de missiles balistiques intercontinentaux en Corée du Nord. Pour montrer sa bonne foi, il promet également la fermeture d'un site important d'essais nucléaires. Une excellente nouvelle pour les deux sommets, intercoréen puis américano-nord-coréen, à venir.

C'est un grand jour, la Corée du Nord a franchi un cap révolutionnaire en annonçant la fin de son activité de développement nucléaire. Activité qui était pourtant interdite par la communauté internationale, qui a subi ces derniers mois de nouveaux trains de sanctions de la part du Conseil de sécurité de l'ONU et provoqué une telle escalade de la violence verbale entre le leader communiste Kim Jong-un et le président américain Donald Trump.

"À partir du 21 avril, la Corée du Nord va cesser ses essais nucléaires et lancements de missiles balistiques intercontinentaux", a ainsi annoncé Kim Jong-un, ce vendredi soir lors d'une séance plénière du Comité Central du Parti des Travailleurs, le parti unique au pouvoir. "Le travail pour installer des ogives nucléaires sur des missiles balistiques est terminé", a-t-il affirmé, dans des propos relayés par l'agence de presse gouvernementale KCNA.

"Une période historique importante de la révolution coréenne"

Pour "prouver son engagement à suspendre les essais nucléaires", le leader communiste a également promis de fermer un site stratégique d'essais nucléaires, jugeant que "le site a rempli sa mission". "Comme le caractère opérationnel des armes nucléaires a été vérifié, il n'est plus nécessaire pour nous de mener des essais nucléaires ou de lancer de missiles à moyenne et longue portée ou ICBM [ndlr: missiles balistiques intercontinentaux]", a-t-il expliqué.

Pendant de longues années, poursuit-il devant le reste de son parti, la Corée du Nord a exercé une politique dite du "développement simultané" de l'armée et de l'économie. Et c'en est terminé: "Le parti et la nation tout entière doivent maintenant se concentrer sur le développement de l'économie socialiste", assure-t-il, souhaitant "ceci" comme "nouvelle ligne politique stratégique du parti".

Le jeune dirigeant veut donc entamer une "nouvelle étape" dans ce qu'il croit être "une période historique importante de la révolution coréenne en plein développement".

"Big progress!"

Le plus beau, cette annonce surprise intervient six jours avant la rencontre entre Kim Jong-un et son homologue sud-coréen Moon Jae-in, qui se tiendra le 27 avril à Panmunjom, lieu hautement symbolique puisque c'est dans ce village frontalier, situé dans la zone démilitarisée qui divise la péninsule, que fut signée l’armistice de la guerre de Corée (1950-1953). Un sommet rarissime (le troisième seulement en son genre) qui préfigurera un autre sommet historique, cette fois entre Kim Jong-un et Donald Trump. Celui-ci est programmé pour début juin, mais on ne sait encore ni la date ni le lieu exacts.

Le président américain a donc salué cette nouvelle, comme à son habitude sur son réseau social préféré: Twitter. "La Corée du Nord est d'accord pour suspendre tous les tests nucléaires et fermer un site important de tests nucléaires. Ce sont de très bonnes nouvelles pour la Corée du Nord et le monde - de grands progrès! J'ai hâte de notre sommet", a-t-il tweeté il y a quelques heures.

"Nous allons surveiller cela de près"

De son côté, Séoul s'est également réjoui du "progrès significatif pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne que le monde attendait", tout en félicitant "l'environnement très positif pour les sommets à venir", rapporte l'AFP.

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, est aussi satisfait, mais émet quelques doutes. "Le point important est de savoir si cette décision conduira à l'abandon complet du développement nucléaire et celui des missiles, d'une façon vérifiable et irréversible", souligne-t-il. "Nous allons surveiller cela de près", promet-il.

Reste à voir donc si Kim Jong-un tiendra ses promesses, lui qui a maintes fois assuré avoir besoin de l'arme atomique, sa soi-disant "épée chérie", pour se "protéger d'une invasion américaine". Et lui qui s'est aussi réjoui fin de l'année dernière d'avoir tiré des missiles balistiques intercontinentaux capables d'atteindre les États-Unis...

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