"Les partis qui veulent mettre en œuvre la charia doivent être interdits": la N-VA veut interdire le parti Islam

Hier, la sortie dans la presse des élus du parti Islam a fait grand bruit. En effet, le parti islamique a annoncé sa volonté de se présenter dans 14 communes bruxelloises mais sans aucune femme sur ses listes. La N-VA est montée au créneau, pour Zuhal Demir (N-VA), "Il faut pouvoir montrer un signal clair, à savoir l'interdiction d'un tel parti". 

Le débat politique hier était concentré autour d'un seul et même parti, le parti Islam. Certaines déclarations faites hier à la presse par Redouane Ahrouch, fondateur du parti et conseiller communal à Anderlecht, ont provoqué un réel tollé sur la toile mais également dans le monde politique. Le parti a déclaré vouloir se présenter dans 14 communes bruxelloises en dehors de villes wallonnes comme Liège, Mons, Charleroi. Mais ce qui fait mouche, c'est la volonté claire du parti de ne pas placer de femmes en tête de liste. Hier Redouane Ahrouch répondait à ce la dans la DH, , "Cette parité ne m’embête pas. (...) Mais nous, ce que l’on prône, c’est qu’il y ait d’office un homme qui soit positionné en tête de liste. Un homme vrai, courageux. (...) Il est pour moi inconcevable qu’une femme tire la liste sauf si vraiment il n’y a aucun autre candidat de disponible."

À un moment où la Région prône une plus grande parité hommes, femmes sur les listes, c'est le genre de déclaration qui ne plait pas.

Réaction du monde politique

Immédiatement certains partis sont montés au créneau, comme le CD &V de Wouter Beke ou Défi d'Olivier Maingain ou encore l'Open VLD avec les déclarations de Patrick Dewael hier à la Chambre. Mais ce sont surtout les élus la N-VA qui se sont faits le plus entendre hier. Zuhal Demir, secrétaire d'État à la Lutte contre la pauvreté, à l'Égalité des chances, Theo Francken, secrétaire d'État belge à l'Asile et à la Migration ont dénoncé le parti Islam et son programme qui fait polémique.

Pour le parti nationaliste flamand, les choses sont claires, il faut une refonte de la Constitution belge pour "interdire les partis extrémistes tel que le part Islam". "La jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme autorise l'interdiction des partis qui s'opposent aux droits libéraux et à la démocratie", soulignait hier le porte-parole de la N-VA, Joachim Pohlmann.

Dans un tweet Theo Francken a également déclaré: "Dans leur monde régi par la charia, les femmes n'ont pas de droits. Et cela commence avec une ségrégation dans le transport public. Ce parti ISLAM me révolte."

"Il faut interdire ce parti"

Invitée de l'émission Terzake, Zuhal Demir a également voulu dénoncer le parti islamique. "Je pense qu'il faut pouvoir montrer un signal clair, à savoir l'interdiction d'un tel parti. Ce n'est plus juste pour rire, soyons clairs à ce sujet, leur objectif principal est très clairement l'introduction de la charia."

Zuhal Demir a également adressé un long message d'opinion sur sa page Facebook expliquant en détails son point de vue par rapport au mélange de la religion au monde politique.

" 'Islam' est l'interprétation d'une religion que nous ne tolérerions jamais si c'était un parti politique. Comme il s'est avéré aujourd'hui. Et Dieu merci. Cependant, il est grand temps que nous nous rendions compte que Islam n'est pas seulement une expérience religieuse pour beaucoup. Mais une vision de la société qui est en contradiction avec les normes et les valeurs que nous chérissons ici.(...) La Flandre en est venue à considérer la religion comme une conviction intérieure qui a peu ou pas d'influence sur la société. Ça devrait être ça aussi. Or l'Islam, comme beaucoup l'interprètent, ne l'est pas."

Le parti Islam, qui veut notamment l'instauration d'un État islamique en Belgique (sans toucher à la Constitution), la séparation des hommes et des femmes dans les transports publics, etc., s'est clairement attiré les foudres du monde politique. Il faudra voir jusqu'où certains partis porteront leur volonté d'interdiction de ce parti qu'ils considèrent comme prêt à enfreindre la Convention européenne des Droits de l'Homme.

Voici la vision de Zuhal Demir:

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