Triste nouvelle: Bruxelles a perdu 93 % de ses moineaux en l'espace de 30 ans

Alerte rouge, les moineaux sont en voie d'extinction dans la capitale. Leur nombre a chuté de 93 % en seulement 30 ans. La faute à divers facteurs, dont certainement la pollution. Mais il est encore temps d'enrayer ce phénomène, et tu peux toi-même apporter ta pierre à l'édifice.

L'ours polaire, le rhinocéros, le loup, l'antilope Addax du Sahara, le gorille, les orangs-outans de Bornéo et de Sumatra... Au fil des années, de plus en plus d'espèces sont menacées d'être rayées à tout jamais de la carte. À l'été 2017, les scientifiques se sont d'ailleurs mis d'accord pour dire que la sixième "extinction de masse" est en cours.

Hélas, nos animaux belges sont aussi concernés, et plus particulièrement les moineaux de la capitale. "Depuis les années 1990, 93 % des moineaux bruxellois ont disparu", tire la sonnette d'alarme Alain Paquet, spécialiste chez Natagora, ce vendredi dans La Capitale. Et les moineaux domestiques ne sont pas les seuls oiseaux en voie d'extinction à Bruxelles, les étourneaux le sont également.

Plusieurs raisons possibles

La faute à quoi? Entre autres à la nourriture qui se fait de plus en plus rare. "Le nourrissage au sol en continu a disparu. Les petits poulaillers de la capitale n’existent plus et plus personne ne nourrit les pigeons. Résultat: les moineaux n’en profitent plus", explique le spécialiste. Ils ont besoin de graines et de vers pour nourrir leurs petits, mais ces deux aliments sont de moins en moins en nombreux en ville.

Un autre problème est d'ordre architectural. "Les nouvelles constructions sont très lisses", or "une fois rénovés, les bâtiments n’ont plus de trous et les moineaux ne peuvent donc pas y établir leur niche", déplore Alain Paquet. "Les buissons disparaissent aussi. Pourtant, cet oiseau est très sociable et c’est dans ces buissons qu’il communique et rencontre ses semblables", ajoute-t-il.

Et bien sûr, la dernière raison qui expliquerait cette disparition inquiétante est une fois encore liée à la pollution. "La baisse du nombre de moineaux en ville correspond à l’arrivée de la voiture diesel. La pollution pourrait donc être un facteur mais ce n’est pour l’instant qu’une hypothèse", note le spécialiste.

Tu peux toi-même agir

Mais il est encore temps de d'agir pour enrayer ce phénomène. À cet effet, l'association Natagora a mis en place il y a quelques années une base de données sur son site internet pour inviter les citoyens à signaler la présence d’oiseaux et d’autres espèces rares près de chez eux. Pour ce faire, tu dois te rendre sur ce site ici et compléter le formulaire en ajoutant si possible une photo de la bête que tu as vue. Ce n'est que par le recensement qu'il sera possible de "les localiser, comprendre ce qui leur a permis de rester et reproduire cela ailleurs dans Bruxelles", souligne le spécialiste. Et c’est maintenant qu'il faut le faire, car c'est au printemps que les oiseaux nichent.

La dernière pierre que tu peux apporter à l'édifice est d'installer un nichoir dans ton jardin en veillant bien à y déposer régulièrement des graines, histoire que les moineaux viennent se sustenter. À l'ancienne!

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