Une "salle de shoot" légale à Liège, ce n'est pas pour tout de suite: Maggie De Block n'est pas d'accord

Le bourgmestre de Liège Willy Demeyer (PS) a rencontré ce jeudi la ministre de la Santé Maggie De Block (Open Vld) pour parler de son projet phare d'ouvrir une "salle de shoot" dans sa ville. Hélas, le fédéral n'est pas chaud à l'idée de changer une loi vieille de 1921 pour rendre légale cette initiative.

La ville de Liège a le projet depuis novembre 2016 d'ouvrir une "salle de consommation de drogues à moindre risque", plus communément appelée "salle de shoot". Le principe est simple: aménager un lieu où les drogués peuvent venir prendre leur dose en toute sécurité et sans risquer de se faire arrêter. "On encadre la dispersion des seringues, les conditions d’hygiène et on permet aux toxicomanes d’être en contact avec des professionnels de la santé", résume ainsi le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer (PS), qui porte le projet.

Mais cette fameuse salle pourrait bien ne jamais voir le jour. Comme il s'agit d'un dossier sensible qui nécessite une adaptation de la loi, Willy Demeyer a besoin de l'aval du fédéral. Il a donc rencontré ce jeudi la ministre de la Santé Maggie De Block (Open Vld), mais la réponse de cette dernière a été on ne peut plus claire: "L'ouverture de salles de shoot serait contraire à l'accord de gouvernement".

Une loi vieillotte qui coince toujours

"Elle m’a conseillé de m’adresser au ministre de la Justice, ce que j’ai l’intention de faire immédiatement", indique au Soir Willy Demeyer. Mais autant dire que c'est déjà mal parti, puisque les forces politiques flamandes sont bien moins chaudes que les francophones à l'idée d'ouvrir des salles de shoot. Et ce n'est pas la dernière sortie médiatique de Bart De Wever qui va arranger les choses. Le président de la N-VA estimant que le crime organisé s'est installé aux Pays-Bas en raison de la "politique de tolérance" néerlandaise envers les drogués, et que c'est Anvers qui en paye les pots cassés.

Pourtant, tout semblait bien parti pour l'ouverture d'une salle de shoot dans le bassin liégeois. En janvier, l’ensemble du conseil communal liégeois a validé le projet. Et en février, le bourgmestre Demeyer se réjouissait d'avoir obtenu l'accord des autorités judiciaires, du procureur général et procureur du roi, de l'association Alpha pour la gestion du lieu, de la fondation Tadam (qui s'est occupée par le passé de distribuer de l'héroïne aux junkies) et même du comité de quartier "Cathédrale-Nord" qui rassemble des habitants.

Mais il reste un obstacle de taille: la loi. Pour encadrer cette initiative, il faut en effet modifier la loi du 24 février 1921, qui punit d’une peine d’emprisonnement et d’une amende de 1.000 à 100.000 euros "ceux qui auront facilité à autrui l’usage à titre onéreux ou à titre gratuit [de drogues], soit en procurant à cet effet un local, soit par tout autre moyen, ou qui auront incité à cet usage". On peut difficilement faire plus clair!

Que cette loi, vieille du siècle passé, ait changé ou non, Willy Demeyer compte toutefois ouvrir cette salle aux alentours du 15 juillet. Et tant pis si le gouvernement fédéral n'est pas derrière lui.

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