Gros fail: Bruxelles-Midi arrive presque tout en bas d'un classement mondial de comparaison des gares

20e sur 27. C'est la triste position qu'occupe la gare de Bruxelles-Midi dans un récent classement, réalisé par Arcadis, qui compare les gares les plus importantes en terme de correspondances à travers le monde. Le principal problème de la gare belge? L'accueil et la sécurité de ses abords.

Bruxelles étant la capitale de l'Europe, on pourrait croire que sa plus grosse gare, celle du Midi, est un exemple en terme ferroviaire. Il n'en est rien, celle-ci est au contraire très mal située dans un récent classement comparatif réalisé par Arcadis.

Sur les 27 gares étudiées à travers le monde, Bruxelles-Midi n'arrive ainsi qu'à la 20e position, soit presque tout en bas du classement. Le top 3 est, lui, occupé par la gare new-yorkaise Grand Central Terminal, suivie de la Washington Union Station et de la Hong Kong HKU Station qui ferme la marche.

Dans cet "MODe Benchmarking Index", le bureau néerlandais de conseil et d'expertise a pris en compte quatre critères: la connectivité, l'environnement urbain, les facteurs sociaux et le développement économique.

Recalée sur la sûreté et la sécurité

Sur le plan de la connectivité tout d'abord, la gare belge fait bonne figure et finit même à la troisième place, derrière la Gare Centrale de Rotterdam et la Hong Kong HKU station. Ce critère se base sur trois points principaux: les services, la proximité et la qualité du transit. Sur ce dernier point, Arcadis salue d'ailleurs le grand choix de correspondances qu'offre Bruxelles-Midi.

Le deuxième critère, l'environnement urbain, va plus loin en analysant les aménagements autour des gares. Ici, c'est la catastrophe: Bruxelles-Midi dégringole à la 21e position, principalement à cause du développement de ses abords. Seul point positif: le quartier de la gare est salué pour ses prix de l'immobilier bas.

Vient ensuite le troisième critère, les facteurs sociaux. Ce sont ici la qualité et la variété des installations et services publics ainsi que la sûreté et la sécurité qui sont passés à la loupe. Et ce sont sur ces point que le plus gros travail est à faire, puisque Bruxelles-Mid se classe en avant-dernière position, juste devant la London Euston Station.

Au niveau du quatrième et dernier point, qui porte sur le développement économique, Bruxelles-Midi est dans la moyenne et arrive en 17e position. La gare pourrait être davantage valorisée, notamment en développant de nouvelles formes de mobilité au bénéfice de la marche et du vélo plutôt que de la voiture.

"Le potentiel reste en grande partie inexploité"

Pour Piet Kiekens, expert en développement urbain chez Arcadis, il est donc "temps de métamorphoser Bruxelles-Midi". Il déplore à la DH de voir qu'"à l’heure actuelle, le potentiel reste en grande partie inexploité". "En tant que lieu d’arrivée des voyageurs étrangers, la gare devrait être une carte de visite pour la Belgique", or "la gare et ses abords directs ne sont pas suffisamment considérés comme un quartier accueillant pour les voyageurs et les passants", explique-t-il. Il souligne qu'il manque également "une vision urbanistique et architecturale pour l’ensemble".

Alors comment améliorer Bruxelles-Midi? Bas Bollinger, qui travaille chez Arcadis sur la question du trafic ferroviaire mondial et du transport urbain, propose au quotidien des pistes: "Des cas comme Liège-Guillemins ou Louvain démontrent qu’un réaménagement du quartier de la gare peut entraîner les environs dans une spirale positive. Cela incite les gens à vouloir y habiter, travailler, voyager et étudier sans être dépendants d’une voiture". Ce ne sont donc pas les solutions qui manquent!

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