En Californie, Starbucks devra désormais afficher un avertissement contre le cancer avant de servir un café

Tout le monde le sait: boire trop de café n'est pas bon pour la santé. Aux Etats-Unis, un juge de de la Cour supérieur de Californie l'a bien compris: les producteurs de café devront désormais prendre afficher un avertissement contre le cancer. En cause, un produit chimique utilisé dans le processus de torréfaction.

Comme souvent aux États-Unis, tout est parti d'une plainte. Le Conseil pour l'éducation et la recherche sur les produits toxiques a poursuivi Starbucks et 90 autres fabricants et vendeurs de café. Cette asbl leur reproche de ne pas respecter la loi. Celle-ci les contraint pourtant à afficher un avertissement sur une large gamme de produits chimiques qui provoquent le cancer. Parmi eux, l'acrylamide, un cancérogène présent dans le café.

Un juge de la Cour supérieure de Californie a donné raison à l'asbl. Fabricants et vendeurs de café devront opter pour le principe de précaution. Ils devront afficher un message sur les paquets de café et dans les points de vente, à l'instar de la cigarette.

McDonald's

Parmi les enseignes, on retrouve Starbucks donc, mais aussi McDonald's, deux géants mondiaux, qui n'ont pas dit leur dernier mot: pour eux, le produit incriminé est présent à des niveaux inoffensifs et il est impossible de le dissocier de l'arôme du café: "C'est pour cela que le café a cet aspect appétissant après torréfaction", affirme William Ristenpart, professeur de chimie à l'Université de Californie.

Explications insuffisantes pour le juge. Les industriels du café ne sont pas parvenus à montrer que le café était bon pour la santé, malgré les études, de plus en plus nombreuses, qui abondent dans ce sens.

Milliards

Il s'agit en fait d'un procès qui dure depuis 8 ans. La troisième phase doit maintenant déterminer le montant des sanctions civiles. Et les chiffres sont astronomiques: la presse américaine parle de plusieurs milliards de dollars.

À titre de comparaison, l'industrie du chips a retiré l'acrylamide de ses produits en 2008 et a accepté de payer 3 millions de dollars. Une douzaine de fabricants et distributeurs ont déjà accepté d'afficher un message d'avertissement, d'autres le font déjà mais pas de manière assez visible.

Les industriels du café ont maintenant quelques semaines pour déposer des objections, même si AP précise que les juges n'inversent que "très rarement" leurs décisions.

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