Voici pourquoi les universités sont en ébullition un peu partout en France

Tout est parti d'une loi votée le 15 février dernier au Parlement français. La loi ORE est accusée de vouloir opérer une sélection et donc de limiter l'accès à l'université. Les plus précarisés pourraient être impactés. Du coup, depuis plusieurs jours, des étudiants se mobilisent en France. Certaines universités sont contraintes de fermer temporairement leurs portes. Mais de récents incidents ont fait grimper cette protestation en intensité. Les étudiants protestent aussi contre l'extrême droite et les violences policières. 

Montpellier, Paris, Nancy, Bordeaux... la colère des étudiants gagne de nombreuses villes universitaires en France. Ils ont la loi ORE dans le collimateur. Votée le 15 février dernier, elle remet en cause, selon les étudiants, le libre accès à l'université. Cette loi instaurerait une sélection à l'entrée. Les lycéens moins favorisés pourraient en subir les conséquences.

Violences policières et extrême droite

Ces protestations contre une loi qui leur semble injuste et discriminante ont pris une tout autre tournure ces derniers jours. En cause, des incidents graves qui mêlent répression policière et intimidation de groupuscules d'extrême droite.

En témoignent ces incidents qui se sont déroulés à l'Université de Montpellier. Des étudiants grévistes, qui militent depuis plus d'un mois contre la loi, ont été délogés de l'auditoire par des individus encagoulés et armés de bâtons. Le doyen de la faculté de droit a été suspendu par la ministre de l'Enseignement, Frédérique Vidal (LREM). Il est accusé d'avoir facilité cette expulsion musclée comme le montre la vidéo qui a été partagée sur les réseaux sociaux. Depuis, la mobilisation ne faiblit pas. L'université restera fermée au moins jusqu'au 3 avril prochain.

Il y a aussi les incidents de Bordeaux. Là-bas, ce sont des CRS qui se sont chargés du sale boulot. C'était au début du mois de mars. Voir des CRS dans des amphis choque l'opinion: "Coups de matraque", "poing au visage", "insultes racistes", les témoignages incriminent les forces de l'ordre. La colère monte petit à petit chez étudiants.

D'autant que l'on peut citer encore beaucoup d'exemples de ce type. Comme ce mercredi à Lille, des étudiants grévistes qui protestaient contre les violences se sont confrontés à la police. Cela fait plusieurs jours que ces étudiants manifestent. Des incidents ont également éclatés entre des jeunes de Génération identitaire et des militants d'extrême gauche. Deux plaintes ont déposée pour violences aggravées. Là aussi, l'Université de Lille a dû se résoudre à fermer ses portes.

Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement, demande un retour à l'ordre: "Il est hors de questions que quelques petits groupes militants empêchent des centaines de milliers d'étudiants d'accéder normalement à leurs études et de passer leurs examens", a-t-elle déclaré au JT de France 2, tout en condamnant les violences.

Que dit la loi?

Alors, politiques ou pas ces protestations contre la loi ORE ou Vidal? Que dit cette loi précisément? Elle permet à chaque université de fixer les prérequis pour choisir ses étudiants. "Cette loi tourne la page d'un système absurde d'une sélection par tirage au sort. Ce sont les équipes pédagogiques des universités qui analyseront les dossiers. Quand il y a plus de candidats que de places, c'est ce processus qualitatif qui adviendra", se félicitait Emmanuel Macron le 8 mars dernier, au moment de signer la loi.

Validée par le Conseil constitutionnel, la loi n'est pas sans reproche. Elle pose en tout cas la question du principe d'égal accès à l'instruction et met en danger les droits de recours puisque chaque université peut maintenant décider. Les étudiants mécontents n'entendent en tout cas pas laisser tomber si facilement, au contraire, l'intensité des protestations ne fait qu'augmenter.

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