Cambridge Analytica, la firme qui a fait gagner Trump en volant des données perso sur Facebook, suspend son CEO

Cambridge Analytica a été engagé en 2016 par les équipes de campagne de Donald Trump pour lui faire gagner les élections américaines. Les membres de cette firme de consultance ont accédé aux données personnelles de 50 millions de personnes via des tests Facebook pour ensuite les utiliser. L'info a fuité dernièrement et le CEO de la boîte a été suspendu.

Cela faisait plus d'un an que le journal anglais The Guardian enquêtait sur le rôle qu'avait joué Cambridge Analytica dans la victoire de Trump aux élections américaines. Les choses se sont particulièrement accélérées ces derniers jours après que l'ancien employé Christopher Wylie ait révélé la façon dont la boîte a utilisé les données de millions d'utilisateurs de Facebook sans leur consentement.

Channel 4 News a secrètement enregistré une conversation avec le directeur de la firme Alexander Nix dans laquelle il décrit des tactiques que son entreprise pourrait utiliser pour discréditer des politiciens en ligne. Cambridge Analytica a déclaré que ce reportage avait "grossièrement détourné" les conversations enregistrées. Mais le résultat est là: aujourd'hui, le CEO Nix est suspendu de ses fonctions.

"De l'avis du conseil d'administration, les récents commentaires de M. Nix secrètement enregistrés par Channel 4 et d'autres allégations ne représentent pas les valeurs ou les opérations de l'entreprise et sa suspension reflète le sérieux avec lequel nous voyons cette violation", a déclaré la firme de consultance dans un communiqué de presse.

Liens avec Trump

"On injecte seulement de l'information dans le veines d'Internet, puis on la regarde grandir et on lui donne un coup de pouce de temps en temps pour la voir prendre forme", déclare le directeur dans la vidéo en caméra cachée.

Il ajoute avoir rencontré Trump de nombreuses fois et un de ses collègues explique qu'ils étaient derrière la campagne "Defeat Crooked Hillary", une campagne de dénigrement de Hillary Clinton. Cette campagne a pris forme sur le net notamment via des mèmes et des blagues d'apparence innocente mais elles ont contribué à donner une mauvaise image de la candidate. "Ces choses infiltrent la communauté en ligne, mais sans marque spéciale, donc c'est indiscutable et intraçable."

Données personnelles

La firme est basée à Londres. Une enquête a été lancée sur elle suite aux allégations du jeune lanceur d'alerte Christopher Wylie, un geek de 28 ans passionné de politique et de manipulation qui a travaillé plusieurs années avec Cambridge Analytica.

Ce dernier a révélé avoir collecté de grandes quantités de données grâce à un quiz de personnalité sur Facebook appelé This is Your Digital Life. Par l'intermédiaire de celui-ci, 270.000 personnes ont répondu au questionnaire, mais ce test était une porte d'entrée pour accéder aux données d'un nombre beaucoup plus élevé de profils.

Au total, les données de quelques 50 millions d'utilisateurs, principalement basés aux États-Unis, ont été recueillies sans leur consentement explicite via leurs contacts Facebook. Wylie dit que les données ont été vendues à Cambridge Analytica, qui les a ensuite utilisées pour profiler psychologiquement les gens et leur livrer du matériel pro-Trump, en vue d'influencer les résultats de l'élection présidentielle de 2016.

Facebook dans la tourmente

Accusé d'être au courant de cette manipulation des électeurs, Facebook passe actuellement de mauvais moments. Depuis lundi, les actions en bourse de la firme ne font que descendre. Hier, une campagne de dénigrement du réseau social a pris de l'ampleur sur Twitter. Sous le hashtag #DeleteFacebook, des milliers d'internautes, parmi lesquels le CEO de WhatsApp, appelaient à quitter le réseau social.

Le parlement européen a demandé au patron de Facebook, Mark Zuckerberg, de leur fournir des preuves de cette implication. "Nous avons invité Mark Zuckerberg au Parlement européen. Facebook a besoin de clarifier devant les représentants de 500 millions d'Européens le fait que les données personnelles ne sont pas exploitées pour manipuler la démocratie", a tweeté Antonio Tajani, e président du parlement européen.

Zuckie est également convoqué par une commission parlementaire britannique. Le site Daily Beast a révélé que le CEO n'avait pas assisté à des réunions mardi à cause de cette crise. Clairement, les infos de Christopher Wylie font boule de neige et l'avalanche n'est pas prête de s'arrêter.

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