Plus de 140 millions de personnes pourraient migrer d'ici 2050 à cause du changement climatique

La Banque mondiale a publié un rapport alarmant concernant le changement climatique. Ce rapport stipule que si la situation continue comme ça, plus de 143 millions de personnes devront migrer d'ici 2050. 

On ressent déjà les conséquences du réchauffement climatique et c'est une vraie catastrophe. Si ça continue comme ça, un autre gros problème risque d'arriver: les réfugiés climatiques. En effet, un rapport publié par la Banque mondiale révèle que le réchauffement climatique pourrait forcer plus de 143 millions de personnes à devoir quitter leur maison d'ici 2050.

Et ce n'est pas un problème à prendre à la légère, ce ne sera pas seulement une crise passagère. Les experts parlent d'une vraie menace structurelle. Des millions et des millions de personnes habitants dans les pays en voie de développement devront migrer à l'intérieur de leur pays à cause des catastrophes naturelles comme le manque d'eau, la dégradation des sols, les ouragans et l'augmentation du niveau de la mer.

Le rapport en question avait pour but d'observer les potentiels mouvements des populations provoqués par le réchauffement climatique. C'est la première étude qui a établi une corrélation entre les données socio-économiques et l'impact climatique.

Trois fois plus de demandes d'asile en Europe

Le plus alarmant, c'est que l'étude a analysé seulement trois régions du monde, à savoir l'Afrique sub-saharienne, le Sud de l'Asie ainsi que l'Amérique latine. Un rapport à l'échelle mondiale révélerait des résultats encore plus catastrophiques. Par exemple, une étude révèle que le réchauffement climatique risque de tripler les demandes d'asile en Europe.

Selon François Gemenne, un enseignant à Science Po qui a participé au rapport de la Banque mondial dit que cette crise est déjà une réalité: "Si on prend certaines régions d'Europe centrale et orientale, on a des migrations internes liées aux inondations récurrentes. En Espagne, on a déjà certains agriculteurs qui se déplacent suite à la dégradation des sols", dit-il à Franceinfo.

La CEO de la Banque mondiale, Kristalina Georgieva, voit ce rapport comme un bon moyen de secouer les pays concernés ainsi que les institutions pour le développement. "Une fenêtre s'ouvre à nous maintenant, avant que les effets du changement climatique ne s'aggravent, afin de préparer le terrain à cette nouvelle réalité", a-t-elle expliqué au journal The Independent.

Les chercheurs ont analysé trois sortes de changements climatiques ainsi que les différents modèles de développement, allant de "pessimiste" à "respectueux de l'environnement". Selon le rapport, certains endroits du monde sont très vulnérables et risquent de vivre une vraie crise. C'est le cas par exemple au nord de l’Éthiopie, où la population devra quitter les zones agricoles à cause de la dégradation du sol.

Batailles pour les ressources rares

Kanta Kumari Rigaud, l'homme à la tête de la recherche, affirme que si on ne change pas maintenant les choses, les personnes qui devront quitter les zones rurales pour aller vers les villes vont affronter un problème tout aussi grave. "Nous risquons d'assister à des montées de tensions et des conflits à propos de la répartition des ressources rares", explique-t-il dans le rapport.

Tout cela est bien inquiétant. Mais l'équipe de recherche affirme aussi que rien n'est encore joué et qu'ils ont envisagé le pire des scénarios. On peut éviter les conséquences désastreuses du changement climatique. "Si nous agissons maintenant vis-à-vis du changement climatique et du développement, le nombre de 140 millions de personnes pourrait diminuer de 80%", explique le directeur du département du changement climatique à la Banque mondiale, John Roome.

Cette étude est publiée en vue du Global Compact on Migration, dont le texte est en cours de négociation à l'ONU. Le but est de fournir une protection aux réfugiés climatiques.

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