Les Belges, inégaux face à la mort: que tu vives en Wallonie ou en Flandre, ton espérance de vie n'est pas la même

Les francophones et les néerlandophones s'éloignent chaque jour un peu plus, et dans tous les domaines. Au niveau culturel, linguistique mais aussi en terme de chômage, toujours plus élevé en Wallonie, ou encore en terme de mortalité. En effet, elle est 19% plus élevée en Wallonie qu'en Flandre. Même face à la mort, le Wallon et le Flamand ne sont pas égaux!

Que tu vives en Wallonie ou en Flandre, ton espérance de vie n'est pas la même d'une Région à une autre. Elle passe même du simple au double selon la commune où tu habites.

C'est ce que révèlent le dernier constat de l'IWEPS, l'Institut Wallon de la Statistique, qui s'est intéressé au taux de mortalité standardisé en Belgique, calculé sur la période de 2005 à 2014.

En regardant de plus près la cartographie ci-contre, la coupure entre les deux Régions est même très nette: ainsi sur 100.000 habitants, on dénombre en moyenne 1190,25 décès en Wallonie contre 1011,74 en Flandre. Une différence de 19% en Wallonie par rapport au reste du pays. Bruxelles, quant à elle, se situe entre les deux avec 1064,35 décès pour 100.000 habitants.

Un taux de mortalité standardisé

Pour arriver à un tel constat, l'institut s'est basé sur "le taux de mortalité standardisé" selon l'âge et le sexe, commune par commune. Autrement dit, cet indicateur va permettre de comparer la mortalité sur une base équivalente, que tu vives dans une commune jeune ou non, et ainsi, neutraliser les spécificités de chaque commune en matière de structure de la population. C'est donc forcément moins précis qu'un taux brut, mais il permet néanmoins d'avoir un échantillon significatif.


Inégaux face à la mort

À partir de ces chiffres, l'IWEPS a donc constaté que tu as bien plus de risque de mourir en Wallonie qu'en Flandre ou à Bruxelles. En particulier dans le Hainaut, au sud de la province de Namur, dans quelques communes éparses, autour de Liège ou encore en province du Luxembourg. Une autre conclusion à en tirer, c'est que quelles que soient la tranche d’âge et la région, les hommes meurent plus vite que les femmes.

La surmortalité wallonne

Cette surmortalité wallonne s'explique bien entendu par les différences socio-économiques toujours plus grandes entre la Flandre et la Wallonie et qui influencent directement l'espérance de vie des Belges. En effet, le Wallon est plus touché par la précarité que le Flamand, du coup il aura tendance à s'alimenter moins bien, à repousser les soins médicaux pour des raisons financières,...En gros, plus tu es riche, moins tu risque de mourir tôt. Mais ce n'est évidemment pas le seul facteur. L'écart ne cessera de se creuser tant que la santé publique en Wallonie ne sera pas appréhendée différemment. En effet, il y a une approche de santé publique différente entre le nord et le sud du pays. La Flandre est, par exemple, plus en avance en terme de prévention.

La bonne nouvelle, c'est que la Wallonie mise sur un nouveau cadre de prévention et de promotion de la santé pour 2019. Reste à voir si ça suffira à résorber le fossé déjà existant entre le nord et le sud du pays.

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