La N-VA aimerait que tous les soignants bruxellois soient bilingues, le cdH trouve cela disproportionnée

Une proposition de la N-VA souhaite que les prestataires de soins en Belgique connaissent la langue du lieu où ils exercent leur profession. À Bruxelles, cela signifierait donc que les soignants maîtrisent le français et le néerlandais.

"Les praticiens visés ne peuvent exercer leur profession que s’ils peuvent prouver leur connaissance de la langue ou des langues officielles de la région linguistique dans laquelle ils exercent leur profession." Voici la phrase que la N-VA souhaite ajouter à l'arrêté royal n° 78 relatif à l'exercice des professions des soins de santé.

C'est un petit détail textuel mais qui pourrait représenter un gros changement s'il était appliqué dans la capitale. Les députés N-VA Yoleen Van Camp, Jan Spooren, Renate Hufkens, Valerie Van Peel et Jan Vercammen cherchent à contrôler le niveau de connaissance du néerlandais ou du français des soignants bruxellois, révèle Le Soir ce vendredi.

Toujours compris?

En gros, les députés nationalistes souhaitent faire en sorte que le personnel soignant à Bruxelles soit toujours compris par les patients qu'ils traitent - ce qui sous-entend que les patients seraient toujours francophones ou néerlandophones. Par personnel soignant, on entend les médecins, les infirmières, les puéricultrices, les pharmaciens, les kiné, les dentistes, les sages femmes.

"Contrairement aux prestataires de soins diplômés en dehors de l’Union européenne, les prestataires diplômés dans un État membre de l’Union européenne ne sont pas soumis à un test linguistique. (…) Cette proposition de loi entend dès lors également soumettre les prestataires diplômés dans un État membre de l’Union européenne à un test linguistique afin de garantir que leurs connaissances linguistiques sont adéquates", ressort-il de la proposition.

Est-ce que ça signifie que ceux qui ne sont pas bilingues ne pourront plus exercer à Bruxelles? Pour l'instant, non. Mais il faut voir si cette proposition sera adoptée au Parlement. Si c'est le cas, tous "les prestataires de soins devront connaître la langue officielle ou les langues officielles du lieu où ils exercent leurs activités médicales."

"Tous les soignants sont visés"

Le cdH a réagi à cette proposition dans un communiqué de presse. "Tous les soignants sont visés, qu’ils soient belges ou étrangers, déjà en activité ou pas encore. Derrière un titre anodin, le contenu de la proposition de loi est explosif sur le plan communautaire."

"Cela signifie, en effet, que les soignants auront l’obligation de prouver qu'ils sont bilingues s'ils veulent pratiquer dans la région de Bruxelles-Capitale. On peut rêver d'un pays où nous serions tous bilingues voire trilingues. Mais imposer le bilinguisme à tous les soignants en Région bruxelloise est totalement disproportionné. Ce qui importe, c'est que les patients aient un soignant qui parle leur langue et que la communication passe bien entre patient et soignant", ajoutent les centristes.

Qui concluent en disant "que la proposition de la NVA ne contient aucune mesure transitoire à l'égard des soignants déjà établis qui ne bénéficient d'aucune présomption de connaissance des langues ni de délai pour prouver qu'ils les connaissent. Si la proposition de loi était adoptée, ils devraient cesser leurs activités du jour au lendemain."

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