Voilà encore un argument des antivaccins que la science démonte

Une récente étude américaine invalide un mythe persistant sur les vaccinations: croire que le programme de vaccination surcharge le système immunitaire des enfants, les rendant plus vulnérables aux infections, est faux. Tout simplement parce que c'est un non-sens.

L'hypothèse que les vaccins contiendraient des substances dangereuses qui seraient la cause de certains troubles tels que l'autisme a été réfutée depuis longtemps par la communauté scientifique.

Et maintenant, c'est un autre argument des anti-vaccins qui est démonté par une nouvelle étude américaine. Celui selon lequel le programme de vaccination obligatoire surchargerait le système immunitaire des enfants, les rendant plus fragiles face aux infections.

Les nourrissons qui reçoivent plusieurs vaccins dans le cadre d'un calendrier vaccinal normal ne sont pas plus vulnérables aux infections que ceux qui n'ont pas reçu ces vaccins, observe une étude de Kaiser Permanente publiée cette semaine dans le Journal of the American Medical Association.

C'est la première fois que le lien entre le fait de recevoir plusieurs vaccins ou pas de vaccins et le fait de développer des infections est testé si longtemps et si intensivement. Après avoir compilé un ensemble de données auprès de 500.000 enfants âgés de 0 à 47 mois, et ce sur une période d'environ douze ans, l'étude prouve clairement que cette théorie sur la "surcharge" du système immunitaire des enfants vaccinés est totalement absurde.

Comment sont-il parvenus à ce résultat?

À partir de cette base énorme de données, les chercheurs ont sélectionné 193 enfants chez qui une infection avait été diagnostiquée et contre laquelle ils n'avaient pas été vaccinés. En outre, ils ont établi un groupe contrôle composé de 751 enfants, qui n'avaient, eux, pas contracté une telle infection. Ils ont noté, pour chaque enfant, les vaccinations qu'il a subies au cours des 23 premiers mois de sa vie et s'il a contracté une infection au cours de la période suivante (entre 24 et 47 mois) nécessitant une hospitalisation. Ensuite, ils ont comparé les enfants qui ont contracté une infection avec ceux qui n'en ont pas eu.

Leurs résultats indiquent que la vaccination n'augmente pas le risque de contracter une infection dans les deux années suivant l'administration, en comparaison à la non vaccination. Les vaccins n'affectent donc pas le système immunitaire et ne rendent pas les enfants plus sensibles aux infections.

Une tendance inquiétante

Cette méfiance actuelle à l'égard de la vaccination s'est largement répandue aux États-Unis, où le président Donald Trump, entre autres, nourrit ce non-sens scientifique. Mais des enquêtes récentes montrent que ce sont les Européens les plus méfiants. Sur le sujet, le Belge reste assez raisonnable, mais tout indique que c'est en train de changer aussi chez nous.

Ainsi, 39 % des parents en Flandre se disent préoccupés par les effets secondaires graves que pourraient avoir les vaccins. En outre, 32 % pensent que les nouveaux vaccins sont associés à plus de risques que ceux qui sont utilisés depuis longtemps. Une jeune maman sur cinq pense que son enfant ne devrait pas être vacciné contre les maladies qui sont devenues rares de nos jours. Chez les femmes enceintes, elles sont 22 % à le penser, et chez les parents d'adolescents près d'un quart.

Le plus inquiétant, c'est que la prochaine génération de parents, les jeunes d'aujourd'hui, sont déjà environ un sur quatre en Belgique à penser que les vaccins sont dangereux chez les bébés.

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