On connait le programme d'E-Change, le non-parti (?) inspiré par le mouvement En Marche

Assisterait-on à la naissance d'un nouveau parti politique? Oups pardon, nous voulions parler d'un mouvement bien sûr, tout au plus un think-tank. Initié en janvier 2017 par Jean-Michel Javeaux, E-Change s'inspire librement du mouvement d'Emmanuel Macron (même s'il ne veut pas se l'avouer). En fait, tu peux l'appeler comme tu veux: E-Change a désormais son programme, ses personnalités et son propre site web.

"Notre but est d’impacter la politique, ça, oui, mais nous ne voulons pas créer un parti, il n’en est pas question", par cette première intervention accordée au journal Le Soir, Baudouin Meunier, professeur en management à l’UNamur et membre d'E-Change, tenterait-il de noyer le poisson?

Possible. Probable. Tout dans E-change fait penser au mouvement En Marche d'Emmanuel Macron: son nom, sa création, son côté transpartisan, son désir de renouveau... avant d'accéder au pouvoir?

C'était en tout cas le but initial de Jean-Michel Javaux, ex-coprésident Ecolo et patron de Meuinvest, filiale de Publifin. Entouré de personnalités de différents partis et d'acteurs de la société civile, le bourgmestre d'Amay se voyait bien faire un coup à la Manu.

Si on en croit Baudouin Meunier, ce n'est plus la priorité. Ok.

Des têtes bien connues et un programme

Toujours est-il qu'E-Change possède ses personnalités: Alda Greoli (cdH), Opaline Meunier (cdH?), Marie Hélène Ska (secrétaire générale de la CSC), Bruno Venanzi (patron du Standard et cofondateur de Lampiris), Etienne de Callataÿ ou encore Barbara Trachte (Ecolo) ou Michel Visart (ancien journaliste de la RTBF), sans oublier la kyrielle de professeurs universitaires. Ils sont 57 en tout à se poser des questions. Et non, Benoît Lutgen n'en fait pas partie précise le professeur. Faut dire que certains voient dans ce jeune mouvement une sorte d'opération sauvetage du cdH.

E-Change, c'est aussi un site web, un compte Twitter et une plateforme qui nous explique le projet de cet opni, objet politique non (encore) identifié. En voilà l'introduction: "Le monde autour de nous connaît des transformations fondamentales et nos modes d’organisation montrent leurs limites. Un changement radical est nécessaire. Il appartient à chacune et chacun d’entre nous de construire la transition entre le monde d’hier et le monde de demain. Cela ne sera possible que si nous retrouvons confiance dans l’action politique."

La transition économique, écologique, la migration, la mobilité, ou encore la démocratie participative, autant d'axes sur lesquels E-Change compte influer. Edoardo Traversa, professeur à l'UCL et conseiller communal à Etterbeek (cdH), en a précisé les contours ce mercredi matin sur la Première: "Les institutions, le Parlement sont représentatifs mais il faut savoir que le Parlement a été inventé il y a 3 ou 4 siècles. Les choses ont évolué aussi. Pour maintenir la démocratie vivante, il faut rajouter des dimensions."

Long terme

Une révolution? Non, "On ne veut pas supprimer le Parlement, évidemment, mais le compléter avec d’autres forums pour pouvoir permettre à chacun de participer."

Mais pourquoi ne pas le faire de l'intérieur, la plupart des membres font pourtant partie d'un parti politique? "C’est ce que je fais aussi. Mais la particularité du mouvement d’avoir des personnes qui sont à la fois dans le politique et à la fois des personnes qui ne le sont pas. Le constat, au sein du mouvement, c’est qu’il faut prendre le temps de réfléchir en dehors des cadres", explique-t-il toujours à la RTBF.

Quand on voit les querelles politiques actuelles, tant entre les différents niveaux de pouvoir qu'entre bastions (Liège, Bruxelles, Charleroi...), on se dit, effectivement, que ce n'est pas une si mauvaise idée. Tant d'énergie dépensée à se disputer, sans faire avancer le débat de fond, à construire puis à déconstruire la législation suivante.

Mais pourquoi ne pas s'affirmer en tant que nouvelle force politique? Pourquoi ne pas faire un coup à la Macron dans ce cas? Edoardo Traversa trouve l'exemple d'En Marche "inspirant", mais ne voit pas dans son mouvement la même verticalité qui fait d'Emmanuel Macron le Roi Soleil.

Le conseiller communal rejette lui aussi la notion de parti qui enfermerait E-Change dans une logique de court terme et d'élections. Il ajoute, toujours pour la RTBF que "toute une série de personnes n’ont aucun réflexe politique: des entrepreneurs, enseignants, journalistes, architectes. Ils sont dans une autre logique que la logique politique. C’est pour ça qu’il nous faut du temps pour que la sauce prenne."

Voilà une porte laissée plus qu'entrouverte. En attendant, ce think tank a au moins le mérite d'exister.

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