Et un de plus! Gary Cohn, le principal conseiller économique de Donald Trump, claque la porte

À qui le tour? Ce mercredi, c'est Gary Cohn, principal conseiller économique de Donald Trump, qui tire sa révérence. Une énième de plus dans la longue liste des démissions et limogeages. En cause, son avis opposé sur les taxes à imposer sur les importations étrangères d'acier et d'aluminium, mesure voulue par Trump qui fait grand bruit depuis plusieurs jours.

Les têtes tombent l'une après l'autre à la Maison-Blanche. Depuis la prise de fonction de Donald Trump, on ne compte plus le nombre de limogeages et démissions de ses proches collaborateurs. La semaine dernière encore, c'est Hope Hicks, la quatrième directrice de la communication de la Maison-Blanche en poste, qui jetait l'éponge après avoir été auditionnée sur l'affaire de l'ingérence russe dans les élections américaines. Ce mercredi, c'est au tour de Gary Cohn, principal conseiller économique de Trump, mais pour des raisons tout autres.

À 57 ans, l'ancien numéro 2 de la banque Goldman Sachs dirigeait le puissant Conseil économique national (NEC) depuis l'arrivée du milliardaire républicain à la Maison-Blanche. Il est donc parvenu à tenir un peu plus d'un an, ce qui peut paraître énorme à côté d'Anthony Scaramucci, qui n'était resté qu'une semaine au poste de directeur de la communication.

Les taxes sur les importations étrangères ont eu sa peau

Mais Gary Cohn et le président avaient leurs différends. En août, lors des manifestations racistes à Charlottesville, il avait déjà ouvertement critiqué Trump pour son attitude trop laxiste vis-à-vis des suprématistes blancs. Mais c'est leur bras de fer sur le dossier du commerce international qui a eu raison de lui. En effet, il a remis sa démission alors que Trump confirmait ce même jour son intention d'imposer 25 % de taxes sur les importations étrangères d'acier et 10 % sur celles d'aluminium, ce qui conduirait à une vraie guerre commerciale entre les États-Unis et le reste du monde.

Tous les conseillers en matière de commerce de Trump ont soutenu cette mesure... sauf Gary Cohn. En public, il défendait plutôt "le commerce libre, équitable et réciproque". Au Forum économique mondial de Davos, qui s'est déroulé en Suisse en janvier dernier, il avait d'ailleurs déclaré face à la presse: "Nous aimerions que la Commission européenne mette fin à ses droits de douanes sur de nombreux produits que nous aimerions exporter des États-Unis". Des propos qui ne collent pas vraiment à "l'America First" et aux élans protectionnistes de Donald Trump.

Gary Cohn était devenu si minoritaire et isolé dans le débat sur les mesures à prendre en matière de commerce international qu'il avait déjà menacé de démissionner la semaine dernière. Les rumeurs s'étaient finalement estompées, jusqu'à ce mercredi.

"Beaucoup de gens veulent le job"

"Gary (...) a fait un travail extraordinaire pour mettre en place notre programme, aidant à aboutir à une réforme fiscale historique et à libérer une nouvelle fois l'économie américaine", a réagi Donald Trump suite à l'annonce de sa démission, dans un communiqué relayé dans la presse.

Le président américain a également eu un mot pour justifier toutes ces démissions en cascade. "La nouvelle Fake News dit que c'est le CHAOS à la Maison-Blanche. Faux! Les gens viennent et partent, et je veux un dialogue robuste avant de prendre une décision. J'ai encore des gens autour de moi que je veux faire remplacer (toujours en quête de perfection). Il n'y pas de chaos, seulement une Énergie incroyable", a-t-il tweeté dans son style bien particulier.

Quelques heures plus tard, il a tenu à rassurer, sur Twitter également, "qu'une décision sur la nomination du nouveau conseiller économique en chef sera prise bientôt". Soulignant même que "beaucoup de gens veulent le job", mais qu'il "choisira avec sagesse". S'il le dit, tout est safe.

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