Volkswagen n'est donc pas le seul constructeur à tricher avec les moteurs diesel et les émissions nocives

Après le Dieselgate, de nouvelles normes anti-pollution ont été imposées aux constructeurs automobiles européens. Avant qu'elles ne passent en application, les marques se sont hâtées de faire passer le test à leurs véhicules diesel qui "émettent des quantités d’oxydes d’azote largement supérieures aux normes existantes" pour pouvoir vendre, informe Greenpeace.

Le Dieselgate avait révélé comment Volkswagen avait bidouillé ses moteurs diesel pour faire croire qu'il respectait les normes anti-pollution. Des milliers d'usagers de par le monde avaient alors acheté des voitures allemandes en pensant faire (en quelque sorte) un geste pour la planète. Suite aux révélations de trucage, la déception des usagers était totale.

C'était en septembre 2015. En septembre 2017, l'Union européenne a imposé de nouvelles normes de pollution aux constructeurs automobiles, notamment sur leurs moteurs diesel, afin de limiter les émissions d’oxydes d’azote (NOx) lâchées dans l'atmosphère. Pour pouvoir encore vendre leurs voitures qui n'auraient plus été aux normes après septembre, les constructeurs se sont précipités pour faire les tests. Résultat? Actuellement, de nombreuses voitures officiellement dans la catégorie Euro 6 "seraient interdites à la vente aujourd’hui" si elles passaient le test, écrit Greenpeace.

Étude de Greenpeace

L'ONG a commandé une étude sur 20 grandes marques automobiles de l'UE. Cette enquête portait sur chaque nouveau modèle diesel approuvé pour la vente entre avril 2016 et septembre 2017. "Sur plus de la moitié - 51% - des nouveaux diesels testés, les observateurs ont enregistré des émissions de NOx sur route supérieures à la limite de 168 mg/km", écrit Unearthed qui a réalisé l'étude. La limite fixée pour être dans la catégorie Euro 6 est de 80 mg/km.

Certaines voitures étaient bien au-dessus de cette limite. La Renault Scenic Energy dCi 95 émet 396 mg/km de NOx en moyenne dans les tests en conditions de conduite réelles, soit 2,4 fois plus que la limite légale actuelle et près de 5 fois plus que la norme Euro 6. Mais les pires résultats observés par Unearthed ont été ceux de la Fiat Tipo 1.6L, avec des émissions moyennes de 561mg/km et des émissions urbaines de 753mg/km, soit 4,5 fois le maximum d'émissions sur route autorisées pour ce genre de véhicule.

Pour Greenpeace, le lobby des constructeurs a délibérément fait en sorte d'échapper aux normes. "Les constructeurs automobiles ont exploité les faiblesses de la législation européenne et ont profité de la période de transition entre deux systèmes de test pour faire homologuer des dizaines de nouveaux modèles extrêmement polluants, au mépris de la santé de toutes et tous", conclut Sarah Fayolle, chargée de campagne Climat à Greenpeace France.

Ces révélations interviennent alors que de nombreux pays d'Europe annoncent prendre des mesures pour réduire la présence de véhicules diesel.

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