Carles Puigdemont jette l'éponge: il renonce à la présidence de la Catalogne et désigne son successeur

Carles Puigdemont s'est finalement résigné. Dans un long discours solennel, la Catalan exilé en Belgique a déclaré qu'il renonçait à la présidence de la province espagnol. Pour le remplacer, il désigne Jordi Sanchez, un sécessionniste emprisonné à Madrid. Et comme à son habitude, il a une nouvelle fois fustigé le gouvernement espagnol.

Après quatre mois d'exil en Belgique, Carles Puigdemont a finalement abandonné: il renonce à la présidence de la Catalogne explique-t-il dans un long discours publié sur Youtube en fin de soirée ce jeudi. Cette décision intervient quelques heures après l'adoption d'une motion par le Parlement catalan dénonçant la "dérive autoritaire" de l'État espagnol et défendant la légitimité de Carles Puigdemont. Mais légitime ou pas, ce dernier a décidé d'abandonner.

"J’ai informé le président du parlement catalan que, de manière provisoire, il ne présente pas ma candidature à l’investiture comme président" déclare-t-il devant les drapeaux européens et catalans. Son parti propose d'ores et déjà son successeur: Jordi Sanchez, le président d'une association indépendantiste, actuellement en prison à Madrid. "Dans les conditions actuelles, c’est la seule façon de pouvoir former un nouveau gouvernement, le plus rapidement possible" explique Puigdemont pour justifier sa décision.

"Criminaliser l’indépendantisme"

Comme à chaque sortie médiatique, Carles Puigdemont a pas mal critiqué le gouvernement espagnol. Il dénonce les "abus de l'État" qui veut selon lui "criminaliser l'indépendantisme catalan". La Catalogne a gagné le droit à se convertir en une république indépendante. Cet objectif est incontournable et c’est pourquoi il faudra continuer à faire de la politique depuis l’intérieur et depuis l’extérieur". Il a en plus annoncé que son armée d'avocats venait de porter plainte contre l'État espagnol devant le comité des droit de l'homme des Nations unies.

Mais est-ce que cette décision va faciliter la suite des évènements en Catalogne? Pas vraiment, en fait. Car Jordi Sanchez est en prison et cela s'annonce compliqué pour travailler. Par exemple, pour obtenir la confiance des députés catalans, Sanchez devra obtenir une libération de quelques heures et ce n'est pas encore gagné. Et ensuite, il devra gérer la Catalogne depuis sa cellule. Ce ne sont pas vraiment les meilleures conditions pour bosser.

Surtout qu'il devra faire face au pouvoir espagnol. Car le président du gouvernement Mariano Rajoy a déjà prévenu qu'il comptait bien continuer à exercer sa tutelle sur la région catalane qu'il exerce depuis la déclaration d'indépendance en octobre dernier. La bagarre entre les deux camps s'annonce féroce. Surtout que, de son côté, Puigdemont compte constituer un "Conseil de la République", une structure placée en dehors de tout cadre institutionnel catalan ou espagnol. Une sorte de gouvernement exilé qui assurerait "mettre en oeuvre la République" tandis que le gouvernement Catalan gèrera les affaires courantes. Si Puigdemont renonce à la présidence, il compte bien rester encore quelques temps à Bruxelles.

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