Les sites de téléchargement illégal bientôt bloqués en Belgique? Proximus, VOO et Telenet y travaillent

Cela fait plus d'un an que la BEA, l'association qui représente les intérêts de l'industrie du film et de la musique en Belgique, demande aux fournisseurs d'accès à Internet (FAI) de bloquer des sites de téléchargement illégal. Les FAI ont finalement convenu d'une liste de sites à bloquer. Maintenant, il faut encore que la justice tranche.

Une ombre plane sur les sites qui te permettent de télécharger de façon illégale de la musique, des films et d'autres produits culturels. Depuis plus d'un an, la Belgian Entertainment Association (BEA) réclame aux différents fournisseurs d'internet belges de bloquer l'accès à ces sites qui représenteraient 36% du trafic internet en Belgique.

La BEA, qui représente les intérêts de l'industrie du film et de la musique, n'a clairement aucun intérêt à voir l'existence de ces sites se perpétuer. Mais du côté des FAI, comme VOO, Telenet, Brutélé et Proximus, la volonté de couper l'accès à ces sites n'est pas énorme, principalement pour des question de neutralité. Après moult pressions, il semblerait toutefois que les FAI belges aient convenu d'une stratégie commune, explique le journal L'Écho.

La justice tranchera

"Le législateur européen a mis en place un mécanisme qui permet de réclamer au juge national de prendre des injonctions pour ordonner aux fournisseurs de bloquer l’accès aux sites internet litigieux", a plaidé Benoît Michaux, l’avocat de la Belgian Entertainment Association (BEA), rapporte L'Écho.

La BEA et les FAI se sont donc mis d'accord sur une liste commune de sites et de noms de domaine à remettre au juge. Le magistrat tranchera sur l'illégalité ou non de ces derniers, sa décision devrait être rendue dans le mois. Au total, la liste répertorie 33 sites internet et 450 noms de domaines. Nous ne savons pas encore quels sont les sites concernés.

Rapidité

Ces démarches longues ont pour but de protéger l'industrie du film qui s'estime lésée par le téléchargement pirate. Pourtant, l'utilité même de ces démarches reste discutable. D'abord parce qu'il est très facile d'utiliser un VPN et d'ainsi contourner un blocage territorial. Ensuite, parce que créer des sites miroirs des sites existants se fera toujours plus rapidement que toutes ces démarches.

Les différentes parties sont conscientes de ce problème et c'est la raison pour laquelle elles sont en quelque sorte hâtées de parvenir à un semblant d'accord. Tout en faisant très attention aux décisions prises. Car, si l'une des parties décide de faire cesser une pratique jugée illicite, c'est comme si elle intervenait sur son propre réseau en tant que juge. Ce qui est à l'opposé de sa philosophie: rester neutre. En gros, c'est comme si on demandait à la Poste d'ouvrir les paquets qu'elle transporte. Ce n'est pas son rôle mais la justice à le pouvoir de l'y contraindre...

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