Pour éviter de "nouveaux Alep" en Syrie, le Conseil de l'ONU vote un cessez-le-feu à l'unanimité

La situation en Syrie est à nouveau très inquiétante. Le Conseil de sécurité de l'ONU a voté samedi à l'unanimité pour qu'un cessez-le-feu d'un mois soit mise en place en Syrie afin de permettre le passage de convois humanitaires et des évacuations médicales.

Cela fait des années que la situation en Syrie est inquiétante mais ces derniers jours, elle n'a fait qu'empirer. À la Ghouta orientale, les bombardements ont fait des centaines de morts parmi les civils, dont au moins 60 enfants. Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations Unies parle d'un "enfer sur Terre". Concernant la ville d'Idleb, également en état de siège, l'ambassadeur syrien à l'ONU Bachar Jaafari exprimait sa peur de voir surgir "un nouvel Alep", où plusieurs milliers de civils avaient perdu la vie.

La communauté internationale s'est montrée préoccupée. Le Conseil de sécurité de l'ONU a voté samedi soir à l'unanimité une résolution pour qu'un cessez-le-feu de trente jours soit accepté en Syrie. Attention, ce n'est pas une déclaration de paix, juste une pause humanitaire. Cette trêve devrait, en théorie, permettre aux convois humanitaire de venir en aide aux populations prises en tenaille par les conflits.

La demande d'un cessez-le-feu de 30 jours a été mise en vigueur immédiatement mais quel sera son impact réel sur les champs de bataille de la Syrie, cela reste à voir. Quelques minutes après le vote, l'Observatoire syrien des droits de l'homme, basé au Royaume-Uni, a rapporté que les avions de combat du régime syrien avaient bombardé l'est de la Ghouta, une enclave rebelle assiégée où se trouvent actuellement 400.000 personnes.

Moscou tergiverse

La résolution a été adoptée à l'unanimité mais il a fallu plusieurs de jours de discussion et de nombreux amendements pour y arriver. Le texte, proposé par la Suède et le Koweït, a finalement été adopté samedi, après que la Russie ait tenté durant trois jours d'y apporter certaines modifications.

La Russie, alliée du régime de Bachar al-Assad, demandait à ce que les convois humanitaires reçoivent l'accord de Damas avant de se rendre dans les territoires en guerre. Cette demande a été refusée. Par contre, elle est parvenu à ce que les demandes de cessez-le-feu ne s'appliquent pas à tous les groupes rebelles, notamment pour les forces armées considérées comme terroristes. Pour les bastions tenus par certains groupes djihadistes comme Al-Qaïda, l'État islamique et d'autres fronts armés désignés par la Russie, il ne devrait pas y avoir de cessez-le-feu, donc d'aide humanitaire de prévu. Une résolution au final assez limitée.

D'ailleurs, l'envoyé du régime syrien à l'ONU, l'ambassadeur Bashar Jaafari, n'avait pas l'air de prendre la proposition très au sérieux. Il a insisté sur le fait que son gouvernement avait le droit de défendre son territoire et continuerait à "combattre le terrorisme, où qu'il soit". Au final, le Conseil de l'ONU est parvenu à réclamé "la levée immédiate des sièges de zones habitées dont la Ghouta orientale, Yarmouk, Foua et Kefraya".

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