Ce n'est pas fini: l'ancien directeur général de GIAL a touché 1250 euros par jour entre 2008 et 2015

Après Michel Leroy et ses 1.000 euros par jour, voici une nouvelle révélation qui enfonce encore plus GIAL, l'ASBL qui gère le réseau informatique de Bruxelles. Son ancien directeur général, Jean-Marc Goeders a touché 1.250 euros par jour entre 2008 et 2015, révèle la RTBF ce jeudi matin. 

Le cas de Michel Leroy à l'ASBL GIAL qui s'occupe du réseau informatique bruxellois n'est visiblement pas un cas isolé. Selon la RTBF, l'ingénieur n'est pas le seul à avoir bénéficié d'un salaire exorbitant. En effet, l'ancien directeur général de l'ASBL Jean-Marc Goeders a touché la bagatelle de 1.250 euros par jour de 2008 à 2015. En plus de cette rémunération, son statut pose problème: il avait un contrat d'indépendant alors qu'il s'agissait du directeur général... Étrange.

Retour en 2007

Alors comment est-ce possible? Pour comprendre, il faut remonter à l'année 2007. Cette année-là, GIAL sortait d'un scandale de fraude et il a fallu faire le ménage au sein de l'ASBL. Le collège communal bruxellois procède alors à une séance de recrutement. Via une procédure d'assessment, une méthode d'évaluation de personnes basée sur la mise en situation, Jean-Marc Goeders est nommé à la tête de l'ASBL.

Ensuite, des négociations ont eu lieu entre cabinets d'avocats qui ont débouché sur une convention de management. Les salaires sont fixés et dictés par "les prix du marché". Ainsi, à partir 2008, Goeders sera payé 1.250 euros par jour en tant qu'indépendant. Mais au-delà du salaire très confortable, c'est le statut d'indépendant qui pose problème.

"Quand je découvre la situation en tant qu’échevine en 2006, il y a en effet 10 personnes sous contrat d’indépendant chez GIAL" explique Karine Lalieux (PS) pour la RTBF. Au fur et à mesure, l'ASBL va mettre fin à ces contrats car ils posent réellement problème. Au final, il ne reste que deux contrats du genre: ceux de Jean-Marc Goeders et Michel Leroy.

Légal ou pas?

Mais la question est: de tels contrats sont-ils légaux? Des avis juridiques ont été remis sur la situation de Michel Leroy mais ils ne sont pas encore consultables. Mais si l'on se réfère à des spécialistes interrogés par la RTBF, c'est limite limite. Il y a deux possibilités: soit Michel Leroy est officiellement "Directeur des Développements" et cette fonction implique un contrat de travail classique, ce qui n'est pas le cas. Soit il est lié à l’ASBL via un contrat d’entreprise, entre GIAL et sa société privée, ce qui nécessite une ouverture à la concurrence. Ce qui n’a pas été fait. Conclusion: "Dans les deux cas, il y a infraction", analyse l’un des dirigeants de GIAL.

Toute cette situation est étrange car presque tout le monde était au courant. Car la convention liant Michel Leroy et GIAL a été signée en 1999 par l’échevin de l’époque Claude Michel (MR-FDF). Tous les prédécesseurs de celui-ci étaient au courant de cette pratique. Même chose pour tous les autres administrateurs. Tout cela a été validé juridiquement, comme l'affirme Rudi Vervoort ce matin sur La Première, et ce en toute transparence.

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