Nouvelles révélations sur le GIAL: l'ancien directeur aurait été viré pour avoir questionné le contrat juteux

Viré pour avoir questionné la légalité du contrat de consultance de l'expert mais également directeur Michel Leroy. Voilà ce qui serait arrivé à l'ancien directeur-général de GIAL Yves Vander Auwera. L'ex-directeur de l'asbl en charge de l'informatique de la Ville de Bruxelles a livré son témoignage au journal De Morgen.

Pendant 18 ans, le directeur Michel Leroy a touché 1.000 euros par jours sous la forme d'un contrat de consultance. Pour n'importe quel directeur-général en poste, voir cette somme quitter les fonds d'une association sans but lucratif pour finir dans une seule poche, cela a de quoi inquiéter.

C'est le cas de Yves Vander Auwera, nommé directeur-général de GIAL en 2015 puis viré dix mois plus tard car la Ville de Bruxelles le soupçonnait de fraude. À l'époque, des employés l'auraient accusé dans une lettre anonyme de malversation financière. Mais la réalité est que Vander Auwera a été licencié justement pour avoir pointé du doigt une malversation financière au sein de l'asbl.

"J'ai demandé son contrat"

"Je savais que Michel approchait des 65 ans et je voulais savoir ce qu'il en était de son départ à la pension. J'ai demandé à voir son contrat en 2016. J'ai soulevé des questions à ce sujet. Peu après j'étais mis à la porte", confie l'ancien directeur-général dans le journal De Morgen.

"Certains m'ont accusé alors dans une lettre ouverte et dans les médias d'avoir voyagé en France et aux États-Unis, aux frais de GIAL. Je peux démontrer que ces voyages ont eu lieu dans le cadre d'un déplacement d'étude et que l'échevin Mohamed Ouriaghli en faisait partie". M. Ouriaghli est aujourd'hui le président de GIAL.

L'ex-directeur affirme qu'il y a un lien direct entre l'audit commandé sur le contrat de Leroy et son licenciement: "Le 5 décembre 2017 nous avons présenté nos conclusions. Avec mon avocat, j'y détaille la chronologie des faits précédant mon licenciement. Nous nous exprimons de manière explicite au sujet du contrat de M. Leroy. Quelques jours après le 5 décembre, la Ville de Bruxelles a mis fin au contrat en question. Parce qu'on savait que cela ne resterait pas qu'en interne. L'audit en question date déjà du 27 octobre".

Les élus PS nient

L'échevin et député PS Mohamed Ouriaghli, qui faisait partie du déplacement d'étude pour lequel Vander Aurewa a été accusé de fraude et lui sert en quelque sorte d'alibi, s'est pourtant porté partie civile pour la Ville de Bruxelles contre M. Vander Auwera. Le problème viendrait de ce dernier et non de M. Leroy, pour l'actuel président du GIAL.

Avec sa camarade Karine Lalieux, échevine de la Culture et de la Propreté publique à la Ville de Bruxelles et ancienne présidente du GIAL, Ouriaghli a signé une lettre dans laquelle ils dénoncent l'instrumentalisation politique qui est faite à cet audit. Ils le précisent eux-même: malgré les nombreux audits réalisés de 1999 à 2017, ils n'ont jamais trouvé étrange de payer un salaire si élevé à un consultant en informatique. Leroy n'est qu'un "expert hautement qualifié", écrit Ouriaghli. Reste à voir ce que ce dernier a apporté de si incroyable à l'informatique bruxellois...

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