Voilà exactement comment les 13 ressortissants et entités russes inculpés auraient interféré dans les élections américaines

13 ressortissants ainsi que trois entités russes ont été mis en examen par la justice américaine pour ingérence dans les élections ce vendredi. Ils auraient influencé les présidentielles en créant de faux profils de citoyens américains sur les réseaux sociaux et en organisant des manifestations de toutes pièces. Le rapport est édifiant. 

Cela fait plusieurs mois que le procureur spécial Robert Mueller enquête sur la possible ingérence russe dans les élections américaines. Et ce vendredi, l'affaire a pris un nouveau tournant. Treize ressortissants ainsi que trois entités russes ont été inculpés pour ingérence dans le processus électoral américain et tout cela dès 2014. Mais si l'opération aurait été lancée dès cette année-là, elle n'aurait vraiment commencé que lors des primaires américaines.

Derrière ce groupe, on retrouverait Evgueni Prighozine, un allié du président russe Vladimir Poutine également surnommé son "chef cuisinier". Ce nouveau riche, propriétaire d'une dizaines de restaurants, aurait financé toute la manoeuvre.

Trump se défend

Le président américain, Donald Trump s'est défendu dans un tweet en disant que "la Russie avait commencé sa campagne "anti-américaine" en 2014 soit longtemps avant que j'annonce que je me présentais pour la présidence. Les résultats de l'élection n'ont pas été impactés. La campagne Trump n'a rien fait de mal, pas de collusion!". Pour lui, toute cette machination remonte donc à bien avant qu'il se présente officiellement comme candidat. De plus, il argue qu'à ce stade, aucune preuve de collusion n'a été trouvée.

Comment s'y sont-ils pris exactement?

Tout se serait fait via les réseaux sociaux. Un groupe de 80 Russes nommé "l'Organisation" s'est formé pour organiser une véritable propagande en ligne. Il y avait toute une équipe de spécialistes en marketing, référencement et positionnement sur les réseaux. Le groupe aurait créé des centaines de faux comptes sur Facebook et aurait même volé l'identité de certains ressortissants américains. Ils ont organisé des manifestations et des réunions politiques depuis leurs ordinateurs en Russie pour manipuler l'opinion. Le but? S'attaquer aux "utilisateurs insatisfaits de la situation sociale et économique" et créer la révolte afin qu'ils votent pour Trump ou qu'ils n'aillent pas voter tout court.

Les membres de l'Organisation participaient à des débats sur des groupes en ligne pour manipuler les activistes américains les plus influents. Ils ont également dépensé des millions de dollars dans des publicités afin de s'assurer une visibilité.

Hillary dans un costume de prisonnière

En pratique, ils ont organisé des marches pro-Trump dans des états clefs pour l'élection. Ils n'hésitaient pas à contacter des sympathisants de Trump afin de les convaincre d'organiser des manifestations. Ils ont même été jusqu'à payer des gens pour construire une cage et se déguiser en Hillary Clinton dans une tenue de prisonnière par exemple.

Ils ont également organisé une manifestation à travers le groupe Facebook qu'ils avaient créé, "United Muslims of America", pour donner l'impression que Clinton soutenait l'Islam radical. Les musulmans étaient également invités via Instagram à ne pas voter, ou à voter pour la candidate Verte Jill Stein aux dépens de Clinton.

Une mécanique bien rodée qui s'appuie sur tous les travers des réseaux sociaux...

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