"Une culture d'abus sexuels": Oxfam de nouveau visé par des accusations au Sud-Soudan

Quand on cherche, on trouve. Depuis le premier article du Times paru vendredi, les révélations s'enchaînent. Haïti, Tchad, Sud-Soudan, autant de bureaux cités pour des cas d'abus de pouvoir, de harcèlements, voire d'orgies organisées aux frais de l'organisation. Cette fois, c'est une ancienne dirigeante d'Oxfam qui monte au créneau. Elle parle d'une "culture d'abus sexuels" et n'hésite pas à accuser certains employés de viols.

Oxfam est en pleine crise. En tout cas Oxfam Grande-Bretagne, visé par des révélations du Times vendredi passé et d'autres dimanche par l'Observer. Deux bureaux de l'organisation sont ciblés en particulier: au Tchad en 2011, et à Haïti en 2010. Dans le second cas, Oxfam avait mené une enquête interne qui a conduit au licenciement et à la démission de plusieurs employés. Un rapport parle de "comportements sexuels inappropriés, des faits d’intimidation, de harcèlement et d’intimidation du personnel."

Le souci, c'est que Oxfam Grande-Bretagne a omis de transmettre certains détails aux autorités. Et ils ne sont pas banals: le recours à des prostituées. Dans des hôtels payés par Oxfam. Le tout avec des jeunes femmes parfois mineures qui portaient un T-shirt à effigie de l'organisation.

Du coup, la Commission caritative, une institution qui contrôle les organisations humanitaires en Grande-Bretagne, a attendu de pied ferme les dirigeants d'Oxfam dès lundi. La directrice générale adjointe de l'ONG a été contrainte de démissionner sous la pression. Elle fait suite à une autre démission: celle du Belge Roland van Hauwermeinen en 2011. Il aurait laissé faire les choses à l'époque à Haïti, alors que l'île se remettait d'un séisme ayant fait quelque 1,2 million de sans-abris. Roland van Hauwermeinen était directement employé par l'antenne britannique d'Oxfam. "Il n'a jamais travaillé pour nous", précise d'ailleurs Oxfam Belgique dans un communiqué.

Abus sexuels entre employés

Ce mercredi, patatras, les révélations recommencent. Au Sud-Soudan cette fois. Helen Evans, une ancienne dirigeante d'Oxfam, vient renforcer les accusations précédentes sur Channel 4. Pire, elle parle même d'une "culture d'abus sexuels" dans plusieurs bureaux et magasins de l'ONG. Elle n'hésite pas à accuser certains employés de viols ou de tentatives de viol.

Et les victimes se comptent cette fois parmi le personnel. Selon une enquête interne menée auprès de 120 personnes au sein de l'organisation entre 2013 et 2014 dans trois pays, 11 à 14% des personnes employées avaient été victimes ou témoins d'agressions sexuelles. Au Sud-Soudan, quatre personnes précisément avaient été victimes de viols ou de tentatives de viols.

Le problème pourrait s'étendre aux bénéficiaires des programmes de l'ONG. Mais ce sondage n'a pas chercher à le savoir.

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