Le bitcoin n'a pas dit son dernier mot: la cryptomonnaie bondit de 12% suite à une séance stressante au Sénat américain

Le bitcoin est de retour. En tout cas pour l'instant. La cryptomonnaie a pris soudainement 12% dans un contexte boursier un peu particulier. La cause de cette montée? Une séance plénière au Sénat américain, où il a été décidé qu'aucune entrave ne sera faite au bitcoin. Contrairement à d'autres pays. 

L'enjeu est de taille pour le bitcoin et les autres cryptomonnaies. Mises à mal ces dernières semaines, certaines ont même eu peur pour leur survie. Le bitcoin a par exemple plongé jusqu'à 6.000 dollars alors qu'à son paroxysme en décembre dernier, le jeton numérique valait encore 20.000 dollars.

La faute au durcissement de la législation de plusieurs pays clés comme la Chine et la Corée du Sud, au même titre que la France qui veut prendre des mesures pour encadrer la cryptomonnaie. Du coup quand le Sénat américain se penche sur la question, tout détenteur de bitcoin est en état d'alerte.

"Pas faire de mal"

Sauf que ça ne s'est pas trop mal passé pour eux. Deux chiens de garde de la finance sont venus exposer leur point de vue devant les sénateurs. Jay Clayton, le boss de la Securities and Exchange Commission et J. Christopher Giancarlo, le président de la Commodity Futures Trading Comission sont venus avec d'excellentes nouvelles. Leur message le plus important: nous n'allons pas intervenir, nous n'allons "pas faire de mal" au nouveau marché.

De manière presque automatique, les cryptomonnaies ont connu un bond. Le bitcoin a même dépassé la barre des 7.700 dollars et semble se maintenir. Ça fait un bond de 1.700 dollars en un jour. Dans son entièreté, le marché de la cryptomonnaie a pris 40 milliards de dollars en valeur.

ICO

Les deux régulateurs ont toutefois annoncé au Capitol Hill qu'ils allaient être plus stricts par rapport aux ICOs (initial Coin Offering). Il s'agit d'une méthode de lever de fonds qui fonctionne grâce à l’émission d’actifs numériques échangeables contre des cryptomonnaies durant la phase de démarrage d’un projet. Cela entraîne d'énormes bulles spéculatives. Des sociétés quasi sans valeur sont soudainement devenues riches de centaines de millions en monnaie virtuelle. C'est ce que Clayton et Giancarlo veulent combattre avant tout.

La séance a été très passionnante: le duo a commencé son discours par un ensemble de déclarations très strictes. Tout le monde se cramponnait au fond de sa chaise. "Ne laissons aucune ambiguïté: les investisseurs qui veulent placer leur argent à travers des monnaies virtuelles via des ICOs ont les mêmes droits que les autres investisseurs, mais chaque ICO est liée à la législation sur les instruments d'investissement", a entamé Clayton.

Le blockchain, la véritable révolution

Mais les deux régulateurs se sont montrés positifs à propos de la technologie derrière le bitcoin. Il s'agit de la technologie blockchain, généralement plus sûre que celle derrière les monnaies traditionnelles. Cette technologie aura un impact sur Wall Street selon les deux compères: "Cela serait irresponsable de ne pas reconnaître la révolution des cryptomonnaies, nous savons que cela va entraîner un changement de paradigme, c'est pourquoi nous avons décidé de ne pas lui faire de mal", a ajouté Giancarlo.

De là à voir s'opérer le grand remplacement? Pas si vite, les monnaies virtuelles n'ont que la valeur qu'on veut bien leur prêter. Et celle-ci ne repose sur pas grand-chose et aucune garantie n'y est apportée en aval. Il faut comprendre ici que si le bitcoin chute, personne ne vous viendra en aide. Ceux qui décident d'investir dans le bitcoin, par exemple, prennent un énorme risque. Ce qui peut aussi rapporter gros.

Par contre si le bitcoin n'a aucune garantie sur le long terme, la technologie du blockchain a un avenir tout tracé au sein des États. Même si cette technologie, réputée plus sûre, a déjà fait l'objet d'attaques.

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