#MeToo... mais pas trop: des "grid girls" sont dégoûtées et en veulent aux féministes de les avoir dégagées des Grand Prix de F1

À partir de la saison prochaine, les "grid girls", c'est fini en Formule 1. De quoi rendre tristes certains fans, qui pouvaient se rincer l’œil sur ces femmes qui traînaient autour des paddocks et sur le circuit, avant ou après la course. Mais aussi les principales intéressées, qui ne comprennent pas pourquoi les féministes ont autant lutté pour les faire disparaître.

Toutes contre les féministes. C'est un peu le mot d'ordre qui circule du côté des "grid girls", ces femmes, habillées de manière sexy, qui vont disparaître des circuits de Formule 1 à compter de la prochaine saison. Pour Liberty Media, propriétaire de la F1, cette tradition était "sexiste" et pas adaptée aux mœurs de la société actuelle. Une décision annoncée dans la foulée du mouvement #MeToo qui ne fait pas vraiment le bonheur des principales intéressées.

"J'adore mon travail"

"C’est ridicule que des femmes qui affirment 'se battre pour les droits des femmes' disent aux autres ce qu’elles devraient faire ou ne pas faire. On nous empêche de faire un travail que nous aimons et dont nous sommes fières. Le politiquement correct devient fou", a ainsi commenté Rebecca Cooper auprès de l'AFP.

Comme elle, beaucoup de "grid girls" ne comprennent pas les arguments des féministes. "Toutes les "grid girls" que je connais sont très intelligentes, indépendantes et aiment leur travail. Certaines personnes semblent penser que nous ne portons presque aucun vêtement alors qu'en réalité, vous pouvez voir des personnes moins habillées traîner dans des supermarchés. Je pense que l'idée de valoriser les femmes consiste à les autoriser à faire exactement ce qu'elles veulent faire, selon leurs aptitudes. Que ce soit pour devenir "grid girl", ingénieure, pilote, infirmière ou n'importe quel métier... Chaque femme devrait avoir le choix", ajoute Samantha Young, autre "Grid Girl" interrogée par France Info.

"A cause de ces féministes, nous avons perdu notre job. J'ai été grid girl pendant huit ans et je ne me suis jamais sentie dans l'inconfort. J'adore mon travail et si ce n'était pas le cas, je ne le ferais pas. Personne ne nous force à le faire. C'est notre choix", se désolé Lauren Jade, toujours auprès de l'AFP.

"Pas un très grand manque à gagner"

Heureusement pour elles "grid girls" ne devraient pas se retrouver au chômage. "En toute honnêteté, perdre la Formule 1 ne représente pas un très grand manque à gagner pour les "grid girls". Oui, c'est un super événement pour travailler, mais comme Formule 1 emploie des "grid girls" locales pour chaque tour, cela représente seulement un week-end de travail à l'année pour nous", avoue Samantha Young à France Info.

Mais les "grid girls" flippent désormais d'être interdites un peu partout sur les courses automobiles par la suite: "Le risque, c'est que d'autres championnats suivent ce mouvement et bannissent les "grid girls", c'est ce qui peut réduire le travail disponible pour nous. Pour le moment, mon entreprise n'a pas l'intention de me retirer mon rôle dans l'équipe, donc je vais pouvoir continuer à travailler".

Le coup de gueule des "grid girls" ne concerne donc pas le volet économique, mais surtout la symbolique: pourquoi a-t-on décidé de les virer des Grands Prix de Formule 1 sans leur demander si ce métier était une plaie pour elles? Pas sûr toutefois que leurs arguments fassent changer d'avis les féministes, ou les boss de la Formule 1...

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