La surpopulation dans les piscines ou comment j'ai décidé de boycotter la natation à Bruxelles

opinionQui dit nouvelle année, dit nouvelle résolution! Du coup, pour bien entamer cette année 2018, je m'étais fait la promesse de me remettre au sport. Après avoir testé la course à pied, les abdos-fessiers et la salle de sport, je me suis finalement tournée vers un sport plus "doux" pour mes cuissots flemmards: j'ai décidé d'aller à la piscine! Le problème, c'est que je n'étais pas la seule à avoir eu cette idée...

Depuis le début de ce mois de janvier, j'ai pris la décision d'aller nager à raison d'une à deux fois par semaine, pour entretenir mon corps et me détendre l'esprit. Me remettre au sport était essentiel dans un train de vie surchargé où j'estimais ne plus avoir assez de temps pour moi. N'étant pas une grande sportive, j'ai pensé que la natation serait encore la meilleure option: on sue, mais dans l'eau, ce qui fait qu'on n'a pas vraiment l'impression de faire du sport. Même si, en réalité, nager 1 kilomètre m'épuise finalement plus qu'une course à pied de 10 kilomètres.

La piscine, cette éternelle sortie scolaire

Me voilà donc partie, un mercredi après-midi en solo, pour une sortie piscine dans Bruxelles. L'idée d'aller faire quelques brasses me réjouissait tellement que j'en avais presque oublié le calvaire de cette activité solitaire. À peine arrivée, je me suis demandée pourquoi diable je m'étais infligée ça. Il faut dire que la dernière fois que je suis entrée dans une piscine, j'avais l'âge de patauger avec les copains/copines de l'école. Et déjà à cette époque, je détestais la sortie piscine et faisais tout pour l'éviter.

La piscine en soit ne m'a pas traumatisée, ce sont plutôt tous les à-côtés qui ont été un véritable enfer: on t'entasse dans un bus, on te demande de sauter du plongeoir et on t'engueule quand ton couillon de copain a la bonne idée de te pousser dans l'eau froide. Et puis, une fois le cours de piscine fini, quand ta peau est plus sèche que celle d'un mort, tu retournais en cours, tel un cocker au poil et à la truffe humides.

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Un bassin rempli de chlore...et d'enfants

Quinze ans plus tard, quand j'ai ressorti mon maillot ce mercredi-là, je n'ai pu que constater que rien n'avait changé. C'était même pire. Et j'ai replongé dans un bassin plein de chlore, mais surtout, rempli de bambins qui grouillent de partout, venus apprendre à nager. J'ai vite réalisé que je n'avais peut-être pas choisi le meilleur jour de la semaine pour m'y rendre, mais j'y suis retournée à plusieurs reprises, un lundi, un mardi, un jeudi, un vendredi et même le week-end, en matinée, en pleine journée et aussi en soirée: j'ai dû me rendre à l'évidence, il n'existe pas de bon moment pour aller nager, quand on habite en ville.

Plus stressant que relaxant

Bien sûr, je me suis calquée aux plannings des piscines avant de m'y rendre, pour mettre toutes les chances de mon côté, mais il faut croire que la faune aquatique urbaine est un monde surpeuplé qui ne dégorge jamais. "3 couloirs disponible entre 12h20 et 13h40", peut-on par exemple lire sur l'horaire bien spécifique de l'une de ces piscines. Sur six couloirs, cela signifie donc que la moitié des lignes d'eaux sont réservées aux groupes scolaires et que les trois restantes sont à partager entre tous les autres nageurs. Si ça peut sembler suffisant, ce n'est pourtant jamais le cas: tu doubles, tu te fais doubler, tu te prends un pied dans le visage et surtout, tu passes ton temps à éviter les obstacles et les gens. Deux solutions s'imposent alors à toi: nager à vitesse Grand V ou adopter un rythme de papy. En gros, ton moment de détente devient plus stressant qu'autre chose.

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Vite expédiée mais pas remboursée

Parfois, j'ai eu la chance d'avoir un couloir pour moi toute seule, mais malheureusement, ça n'a jamais duré bien longtemps. En général, il ne faut pas dix minutes pour voir les écoliers débarquer par groupe de trente dans ta ligne, vêtus de leur plus beaux bonnets-capotes. Si je fonds devant leurs regards affolés à bouger leurs petits bras et jambes pour tenter de ne pas couler, je suis tout à coup moins séduite par leurs bouilles d'anges quand ils débarquent squatter ta ligne sans aucun scrupule. Sans compter qu'ils me feront à coup sûr boire la tasse, à force de se lancer en bombe dans l'eau. À croire que c'est à qui fera le plus de bruits et le plus de remous dans la piscine. Bref, il m'est arrivé de sortir de l'eau au bout de dix petites minutes, ne me sentant plus à ma place. Mon entrée au bassin à 4€ n'étant évidemment pas remboursée.

Manque d'infrastructures ou d'organisation?

Je ne blâme absolument pas ces enfants, qui n'ont rien demandé à personne et qui se retrouvent parfois contre leur gré à un cours de piscine alors, qu'intérieurement, ils pleurent d'être en train de manquer le goûter devant les dessins animés; je me dis simplement que dans une ville comme Bruxelles, avec près de 180.000 habitants, deux piscines communales en moyenne par commune, ce n'est franchement pas grand chose. Peut-être faudrait-il réfléchir à une meilleure organisation afin de permettre à plus de monde d'aller nager?

En tout cas, pour ma part, je ne suis pas prête de retenter l'expérience de sitôt, tant la faune aquatique ne m'a pas laissé un bon souvenir. Pourtant, j'aime nager, mais le chlore, les bonnets de bain en latex qui tirent les cheveux, les oreilles bouchées, les risques de mycoses et surtout la surpopulation des piscines, m'ont plutôt donné envie d'aller refouler le bitume urbain que de me laisser noyer dans l'eau chlorée.

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