"Cela peut se transformer en quelque chose de très gros": Trump menace l'Union européenne de représailles

Le président américain accordait une interview ce dimanche soir à la chaîne de télévision britannique ITV. Sans mâcher ses mots, Donald Trump a une fois de plus montré les dents face à l'Union européenne et surtout l'Allemagne, tout en les menaçant de représailles. Par contre, il a témoigné tout son amour envers le Royaume-Uni et les Britanniques.

Donald Trump s'est encore comporté en grand diplomate ce dimanche soir dans une interview pour la chaîne de télévision britannique ITV. On le savait déjà, le président américain n'est pas très fan de l'Union européenne ni des grands partenariats mondiaux (comme l'Accord de Paris). Mais il a fallu qu'il en rajoute une couche, et pas des moindres, dans cet entretien réalisé en marge du Forum économique mondial de Davos, qui réunit justement des dirigeants d’entreprises, des responsables politiques, des intellectuels et des journalistes du monde entier.

"Je pense que cela finira clairement au détriment [de l’Union européenne]", a ainsi averti Trump lors de cette interview. "J’ai eu beaucoup de problèmes avec l’Union européenne et cela peut se transformer en quelque chose de très gros (…) du point de vue commercial", a-t-il insisté en menaçant clairement l'UE.

"Une situation très injuste"

Pourquoi? Encore une fois à cause de la politique commerciale entre les Américains et les Européens, qu'il ne supporte tout simplement pas. D'ailleurs, il s'est plaint que l'Union européenne traite les États-Unis de manière "très injuste". Selon lui, les États-Unis ont beaucoup de mal à écouler leurs produits dans l'UE, alors que l'UE, elle, exporte les siens "sans taxes" ou en tout cas avec "très peu de taxes" vers son pays. Et cela, "c'est une situation très injuste" qui ne peut, pour lui, plus durer.

Puisque c'est l'un des pays les plus puissants d'Europe, Trump a donc surtout tapé sur l'Allemagne d'Angela Merkel. Il estime que son excédent commercial avec les États-Unis est excessif et l'a clairement menacé d'instaurer des taxes douanières en représailles pour contrebalancer ce déséquilibre. Pourtant, au printemps 2017, la Maison-Blanche s’était dit "ouverte à la discussion" à propos des négociations avec l’UE sur l’accord de libre-échange TTIP, qui sont au point mort depuis l’élection de Trump. Il faut croire qu'il a déjà déchanté.

Par contre, il a eu un tout autre discours sur le président français Emmanuel Macron. "C'est un gars génial. Sa femme est fantastique. Je les aime beaucoup. Vous savez, nous avons dîné au sommet de la Tour Eiffel, et tout était fermé", s'est-il réjoui face au journaliste.

"Je pense que je suis très populaire dans votre pays"

Ensuite, Trump n'a pas non plus oublié de donner son avis sur les négociations sur le Brexit entre l'UE et le Royaume-Uni. "J'aurais dit que l'Union européenne n'est pas aussi bien que ce qu'elle est censée être (...) J'aurais adopté une position plus ferme sur le retrait", a-t-il expliqué. Dans cette deuxième partie de phrase, il ne parle bien sûr pas des dirigeants européens mais plutôt de la Première ministre britannique Theresa May. En janvier l'année dernière, un peu avant son investiture, le républicain avait d'ailleurs félicité le Royaume-Uni d'avoir eu "bien raison" de quitter cette UE dominée par l'Allemagne, prédisant même que le Brexit serait un "succès" face à une Union européenne de plus en plus fragmentée. Trump continue donc sur sa lancée. "Non, je ne le négocierais pas comme c'est négocié", a-t-il répondu à la question de savoir si Theresa May était "bien positionnée" dans les négociations sur le Brexit.

Il a également tenu à témoigner tout son amour pour le Royaume-Uni et les Britanniques. "Je pense que je suis très populaire dans votre pays", a-t-il lâché au journaliste Piers Morgan qui l'interviewait. Même après une petite mise en garde de ce dernier "ne soyons pas trop hâtifs Monsieur le Président", Trump a tout de même insisté: "Je le crois vraiment. Je reçois tellement de mails de fans venant de votre pays". Et de se vanter: "Ils aiment mon sentiment de sécurité, ils aiment ce que je dis sur beaucoup de dossiers différents."

C'est clair Trump loves le Royaume-Uni. Est-ce parce que sa mère est née sur l'île de Lewis en Écosse ou tout simplement parce que le Royaume-Uni a décidé de sortir de cette "mauvaise" Union européenne?

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