Bruxelles évite sa crise à retardement: il n'y aura pas de majorité alternative sur les allocations familiales

Dimanche dernier, Laurette Onkelinx (PS) poussait son coup de gueule: elle voulait avancer sur le dossiers des allocations familiales quitte à employer une majorité alternative. Un scénario renforcé par la volonté affichée d'Ecolo d'y participer. On a craint une nouvelle discorde entre le PS et le cdH sur une question qui est sur le point d'être réglée en Wallonie. Sauf que les partis flamands ne veulent pas de cette majorité alternative. Ce sera donc un accord d'ici Pâques, sinon rien sous cette législature. 

Guy Vanhengel (Open VLD), le ministre bruxellois des Finances s'est montré très clair hier soir interrogé par Belga: les partis flamands ne souscriront pas une majorité alternative dans le dossier des allocations familiales.

Elle fut proposée par Laurette Onkelinx (PS) qui en marre du blocage de ce dossier au sein du gouvernement bruxellois, d'autant que le dossier avance du côté wallon, où le PS, pour rappel, s'est fait exclure en juin dernier par le cdH.

Pâques ou après 2019

Mais Guy Vanhengel a rappelé qu'il ne voulait d'un accord pour faire un accord: "Je ne veux aucune prise de risque car le modèle actuel fonctionne. À Bruxelles, les allocations sont indispensables pour de nombreuses familles en situation précaire. Je ne veux donc pas que, poussé par une pression venue de l’extérieur, on se précipite vers quelque chose qui constituerait un risque. Il n’y aurait donc rien de déshonorant à dire qu’après examen, on a décidé, sous cette législature-ci, de ne pas opérer de changement", dans des propos toujours accordés à Belga.

Le gouvernement bruxellois s'est donc accordé un délai supplémentaire: ce sera pour Pâques où ce ne sera pas sous cette législature. L'enjeu est trop important pour que cela se joue dans la précipitation sous la pression wallonne.

Quelques réserves

On notera toutefois que l'accord en commission de l'Action sociale du Parlement wallon n'a pas fait l'unanimité comme son vote le sous-entend. Ecolo, la Ligue des familles et le Réseau de la lutte contre la pauvreté ont encore quelques réserves pour un projet qui doit passer en séance plénière dans quinze jours pour être validé.

Notamment la potentielle existence de deux systèmes au sein d'une même famille. En effet, le projet a toutes les chances d'entrer en vigueur le 1er janvier 2019 dans le sud du pays. Si un enfant naît après cette date, il bénéficiera du nouveau système, mais ses frères et sœurs de l'ancien. Cela crée des disparités importantes en termes de revenus, de l'ordre de 100 euros par mois. Pas négligeable.

Le PS veut y remédier en plus de faire profiter aux familles les plus précarisées des ajustements sociaux plus solides. Ils sont trop bas à son goût dans la réforme wallonne.

La majorité bruxelloise s'accorde donc un délai pour trancher et se fera aider par deux bureaux d'avocat (un francophone et un néerlandophone) ainsi qu'une analyse juridique du Conseil d'État. De son côté Ecolo déplore l'existence de deux systèmes qui pourraient coexister à Bruxelles et en Wallonie, "une source d'incertitude pour les familles qui ont un pied dans les deux régions, ou celles qui déménageront. Alors que comme le rappelle Mahtieu Daele (Ecolo), "Benoît Lutgen avait promis un modèle francophone il y a quelques années".

Pour rappel, ces réformes des allocations familiales découlent d'un transfert des compétences issu de la 6e réforme de l'État.

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