Clairement dépassé par les champions de l'e-commerce, Carrefour pourrait virer 1233 personnes en Belgique

C'est le PDG de Carrefour lui-même qui le dit: le groupe veut devenir le leader de l'e-commerce. Mais le géant de la grande distribution a totalement loupé le coche et il est à la traîne face à des boîtes comme Amazon ou Zalando. Sa stratégie pour revenir sur le devant de la scène? Fermer des hypermarchés et potentiellement virer 1.233 personnes en Belgique.

En 2018, les modes de consommation ont radicalement changé. Plusieurs groupes qui caracolaient en tête des classements de la vente au détail ont perdu leur place pour arriver en bas de liste. C'est le cas de Carrefour qui s'est fait totalement doubler par les champions de l'e-commerce.

Deuxième distributeur mondial en 2001, le groupe Carrefour a chuté pour se retrouver en 2016 au neuvième rang. Même si 90% des achats se font encore dans les magasins, de plus en plus de gens optent pour les achats en ligne. Pour s'adapter à l'époque, le groupe qui avait fait son beurre sur un modèle de grande surface ultragénéraliste a donc choisi de se restructurer.

2 milliards d'euros et 5733 emplois

Ce jeudi, les représentants de Carrefour Belgique ont annoncé lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire au siège de l'entreprise à Evere que 1233 de leurs 11.500 employés pourraient perdre leurs jobs en Belgique. Et deux hypermarchés, le Belle Île à Liège et celui de Genk (Limbourg), devraient mettre la clé sous la porte. À ces licenciements, il faut ajouter les 4.500 employés français qui risquent de sauter.

Ces 5.733 postes en danger, c'est la conséquence directe de la restructuration, décidée par le nouveau PDG. "Pour retrouver des marges de manœuvre, nous réduirons nos coûts de 2 milliards d’euros d’ici à 2020. Cela va nous permettre d’investir puissamment dans le digital, avec l’objectif de devenir le leader de l’e-commerce alimentaire, les services aux clients et auprès des producteurs pour une alimentation saine", explique Alexandre Bompard, arrivé il y a six mois à la tête de Carrefour.

Pour Jean-Marc Liduena, du cabinet d'audit Deloitte, ce bouleversement est symbolique de l'ère du temps. "On assiste à la fin du fossé entre le magasin physique et le digital, seuls survivront les distributeurs qui auront réussi cette mutation et adopté la consommation durable", explique-t-il au Parisien. Ces nouvelles annonces ont fait bondir le cours de la boîte. Ce jeudi, l'action Carrefour a augmenté de 0,98%.

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