Carles Puigdemont ne pourra pas rentrer en catimini en Espagne, même "dans le coffre d'une voiture"

Le jeu du chat et de la souris se poursuit entre Carles Puigdemont et l'Espagne. Celui qui doit devenir le président de la Catalogne n'est toujours pas rentré au bercail pour former son gouvernement. Et pour cause, il est certain de se faire arrêter en cas de retour sur le territoire espagnol. Madrid l'a reprécisé fermement ce mardi: Puigdemont ne pourra pas revenir en douce.

Le ministre de l’Intérieur Juan Ignacio Zoido n'y va pas par quatre chemins: Puigdemont ne reviendra pas en Espagne en cachette pour former son gouvernement, que ce soit "en hélicoptère, en ULM ou en bateau", voire même "dans le coffre d'une voiture". Preuve que l'Espagne ne lâchera pas le morceau et compte toujours punir l'indépendantiste pour avoir prononcé l'indépendance de la Catalogne le 27 octobre dernier.

Ce lundi, Carles Puigdemont s'est rendu à l'université de Copenhague au Danemark, dans le cadre d'un colloque sur la Catalogne. C'est la première fois qu'il quitte son refuge bruxellois où il se terre depuis 80 jours maintenant. Ce voyage express est une simple stratégie pour "provoquer une arrestation à l'étranger" a déclaré le juge espagnol en charge de l'enquête. Ce dernier a donc décidé de ne pas relancer le mandat d'arrêt européen à l'encontre de l'indépendantiste.

L'exemple danois

De son côté, Carles Puigdemont a une nouvelle fois promis la formation d'un gouvernement "pour bientôt", "malgré l'autoritarisme de Madrid". Avant de prendre en exemple le Danemark: "La moitié des États membres de l'Union européenne (UE) sont nés lors des 100 dernières années grâce au principe d'autodétermination. Il est temps que l'UE suive l'exemple danois et reconnaisse le droit démocratique d'autodétermination", a-t-il indiqué, en référence au statut des Îles Féroé et du Groenland, territoires autonomes danois.

Mais le temps presse. La Catalogne doit se trouver un gouvernement d'ici la fin du mois. Une "skype-présidence" devient un scénario de plus en plus crédible malgré les menaces de Madrid de conserver la Région sous tutelle. Reste qu'il faudra bien voter un jour pour mettre en place ce gouvernement. Problème: les indépendantistes possèdent une courte majorité à l'Assemblée de Barcelone. Or si trois des ex-ministres du gouvernement catalans sont autorisés à voter par procuration, ce n'est pas le cas de Carles Puigdemont et des quatre ministres exilés avec lui. Et sans eux, la majorité n'est plus assurée.

Divisé

Il faudrait donc que ces parlementaires laissent la place aux suivants sur la liste. Un scénario refusé par les exilés jusqu'à présent. Cette stratégie de la réclusion est toutefois de plus en plus décriée dans le camp indépendantiste qui se divise en deux ailes, une plus à gauche (ERC) et l'autre plus à droite (PdeCat, Puigdemont).

L'avocat de Carles Puigdemont a assuré qu'un retour au pays n'était toutefois pas exclu: "Il choisira l'option la plus utile et assumera le risque personnel". Avec ces déclarations de Madrid, l'indépendantiste sait maintenant à quoi s'attendre.

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