Une grande première: la direction de Ryanair fera le voyage Dublin-Bruxelles pour rencontrer ses syndicats belges

Grande première ce vendredi matin à Bruxelles, la direction de Ryanair rencontrera un syndicat belge pour discuter des revendications des pilotes. En pleine crise avec son personnel, la compagnie low cost a enfin décidé de changer son fusil d'épaule, puisque cette réunion fait partie d'une géante "tournée européenne" de la direction. On t'explique tous les tenants et aboutissants de cette rencontre inédite. 

Toujours en pleine crise des pilotes, vraie raison pour laquelle la compagnie a été contrainte d'annuler plus de 20.000 vols fin de l'année dernière et jusque mars 2018, Ryanair a enfin décidé de faire un pas vers son personnel. Après avoir tenté d'acheter ses pilotes à coup de bonus et d'augmentation de salaire, plutôt que d'écouter leurs vraies revendications, qui sont des horaires moins chargés et des conditions de travail moins éprouvantes.

En effet, la direction de Ryanair fera spécifiquement le voyage depuis Dublin pour rencontrer un syndicat belge. La réunion est prévue ce vendredi à 11 heures dans l'hôtel Sheraton en face de l'aéroport de Bruxelles, annonce La Libre Belgique en primeur. C'est totalement inédit, puisque jusqu'ici le géant irlandais avait toujours refusé de reconnaître l'existence d'organisations syndicales dans ses rangs. "Hell will freeze over" ("les poules auront des dents") lorsque une telle chose arrivera, se plaisait d'ailleurs à répéter son impétueux patron Michael O'Leary. Mais tu ne pourras pas le voir dans la capitale aujourd'hui, ce dernier ne faisant pas partie du voyage. C'est peut-être mieux ainsi, pour éviter tout débordement dans les discussions.

Le "Ryanair Tour"

Le vent a donc tourné, puisque Bruxelles n'est qu'une étape parmi la grande tournée qu'est en train d'effectuer la direction pour rencontrer les syndicats des 87 bases européennes de la compagnie. Après l'Irlande et l'Allemagne, c'est ainsi au tour de la capitale belge.

À la place de Michael O'Leary, c'est le numéro 2 de la compagnie low cost, Peter Bellew (ex-président de la Malaysia Airlines) qui sera chef d'orchestre dans les discussions, précise La Libre. Côté belge, ce sera la CNE et son pendant flamand (LBC) qui dirigeront. Leur souhait? "On veut surtout entériner le fait que Ryanair nous reconnaisse comme syndicat", explique Yves Lambot, permanent CNE à Charleroi, au quotidien. Seront également de la partie: le chef du personnel Eddie Wilson, un autre membre de la direction, deux juristes (un pour représenter chaque côté), ainsi que quatre pilotes (des commandants de bord basés à Zaventem et Charleroi). Mais il n'est pas certain que ces derniers ne subiront pas de représailles de la direction une fois la réunion terminée.

Un calendrier pour rencontrer les revendications des pilotes

Si tout se passe comme prévu, un calendrier devrait être établi pour prévoir de futures rencontres entre les deux parties. Celles-ci auront pour objectif de rencontrer au maximum les revendications des pilotes: des contrats locaux plutôt qu'irlandais, des pensions décentes, des horaires plus humains, une plus grande prise en charge des frais inhérents à l'exercice de leur profession, etc. Tout en abordant également les conditions de travail des hôtesses de l'air et des stewards, souvent laissés pour compte.

En outre, la justice a récemment tranché: Ryanair devra désormais appliquer les différentes législations en vigueur dans chacune de ses bases européennes. Mais comme la loi en Belgique est moins favorable à l'employeur que celle en Irlande, nul doute que la compagnie risque de faire des yeux ronds comme des ballons devant les changements qu'elle devra mettre en place.

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