"Un bon début": après leur rencontre exceptionnelle, la Corée du Sud est prête à organiser un sommet avec la Corée du Nord

Le président sud-coréen Moon Jae-in se dit prêt "n'importe quand" à un sommet entre les deux Corées, au lendemain d'une rencontre exceptionnelle avec son voisin rival du Nord. Mais attention, pas dans n'importe quelle condition.

La rencontre tant attendue entre la Corée du Sud et son voisin du Nord s'est plus que bien déroulée ce mardi. À tel point que les deux Corées se sont mises d'accord pour que le Pyongyang envoie une délégation de haut rang aux Jeux Olympiques d'hiver, qui se tiendront à Pyeongchang (Corée du Sud) du 9 au 25 février. Au-delà du sport, les deux voisins ennemis ont également entamé des discussions en vue d'un apaisement de leurs relations, tant du point de vue militaire que nucléaire.

Mieux encore, le président sud-coréen Moon Jae-in se dit ouvert à l'idée de mettre en place un sommet intercoréen. "Dans les bonnes conditions, je peux participer n'importe quand à un sommet", a-t-il déclaré ce mercredi lors d'une conférence de presse tenue au lendemain de cette rencontre historique. "Hier, c'était la première étape et je crois que c'est un bon début", a-t-il encore souligné.

"La dénucléarisation sera la prochaine étape"

Mais attention, ce sommet ne pourra pas prendre place dans le contexte actuel. "Ce ne sera pas une rencontre pour le principe. Pour qu'un sommet ait lieu, il faut que les bonnes conditions soient réunies et que certains résultats soient garantis", prévient le président Moon. Après la rencontre d'hier, une première depuis 2015, "amener la Corée du Nord à des discussions sur la dénucléarisation sera la prochaine étape", précise-t-il.

Et sur ce point, "nous n'avons aucune différence d'opinion avec les États-Unis", affirme-t-il. Comme la Corée du Sud, "les États-Unis ont totalement soutenu les discussions intercoréennes et exprimé l'espoir qu'elles contribuent à régler la question nucléaire nord-coréenne", ajoute-t-il. La dénucléarisation de la péninsule est donc "la voie vers la paix et notre objectif", souhaite-t-il alors que Pyongyang assure être capable d'atteindre le territoire américain avec ses missiles nucléaires.

"Des pressions plus fortes pourraient provoquer des conflits armés"

Mais dans le même temps, le chef d'État sud-coréen estime que "des sanctions et des pressions plus fortes pourraient aggraver encore les tensions et provoquer des conflits armés accidentels". Après un neuvième train de sanctions décidé en décembre par le Conseil de sécurité de l'ONU à l'encontre de Pyongyang, la Corée du Sud laisse donc penser que ce n'est plus la solution la plus appropriée.

Pour rappel, le Nord et le Sud sont, encore aujourd'hui, techniquement en guerre. La guerre de 1950-1953 s'étant achevée par un armistice, et non par un accord de paix. Depuis, seuls deux sommets avaient eu lieu entre leurs plus hauts dirigeants: en 2000, puis en 2007. Un nouveau sommet entre les deux serait donc aussi exceptionnel qu'historique. À moins que les États-Unis de Donald Trump ne fassent capoter tout le processus de réconciliation...

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