Les Soudanais expulsés ont-ils été torturés? Le directeur de l'Office des étrangers doute de la véracité de leurs témoignages

Le directeur général de l'Office des étrangers, Freddy Roosemont, doute des témoignages des Soudanais expulsés qui affirment avoir été torturés lors de leur retour. Il se demande "Comment se fait-il que six personnes qui ont été renvoyées au Soudan sur une période de trois mois aient été en contact avec une ONG au Caire".

Ce mardi, on apprenait que le secr aire d?État à l?Asile et à la Migration (N-VA), Theo Francken, aurait été averti des risques encourus par les Soudanais expulsés de Belgique et qui auraient été torturés à leur retour au pays. C'est Le Soir qui a dévoilé une note confidentielle envoyée par la Commissariat général aux Réfugiés et Apatrides (CGRA) à Francken le 24 octobre et qui stipulait clairement le risque encouru par les Soudanais à leur retour.

Mais Freddy Roosemont, le directeur général de l'Office des étrangers, doute de la véracité des témoignages des Soudanais expulsés, c'est ce qu'il a affirmé à VTM Nieuws et à l'agence de presse Belga. C'est l'Institut Tahrir pour la politique au Moyen-Orient (Tahrir Institute for Middle East Policy) qui a récolté des informations auprès des personnes expulsées. "Comment se pourrait-il que, par hasard, six personnes qui ont été renvoyées au Soudan sur une période de trois mois aient été en contact avec une ONG au Caire?" se demande le directeur général de l'Office des étrangers. Il souhaite mener une enquête officielle pour vérifier si ces témoignages existent réellement.

Une excuse qui ne tient pas

L'opposition s'est déchaînée à la Chambre ce mardi. Pour eux c'est clair, Theo Francken doit partir. Et pour Wouter De Vriendt, le chef de groupe Groen à la Chambre, la défense de Francken ne tient pas.

Le secrétaire d'État se défend en disant que tout le monde à le droit d'évoquer l'article 3 de la convention européenne (qui interdit l'extradition vers un pays étranger d'une personne si celle-ci est susceptible d'y être victime de torture) mais seulement après avoir introduit une demande d'asile, ce que les Soudanais n'ont pas fait car ils comptaient aller jusqu'en Grande-Bretagne. Mais pour Wouter de Vriendt, il fallait réaliser un contrôle dans tous les cas, qu'une demande ait été introduite ou non.

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